Le Blog d'Artus, wicca, sorcellerie, chamanisme

jeudi 23 février 2006

Les ondes de Monroe

Les ondes de Monroe sont des sons asymétriques que l’on écoute avec un casque. Dans chaque oreille, on entend un son sinusoïdal (un son sans harmoniques, similaire à celui d’un diapason), dont la fréquence est légèrement différente. Dans une certaine mesure, le cerveau rectifie la différence entre le son de droite et de gauche, et l’utilisateur à l’impression d’entendre la combinaison des deux sons, c'est-à-dire un son avec un effet de battement. On parle de battements binauraux (binaural beats). Pour que cela fonctionne, il faut que les sons aient une fréquence d’environ 1000 à 1500 Hz maximum. Il faut également que la différence de fréquence entre droite et gauche soit au maximum de 30Hz. L’électro-encéphalogramme montre que les ondes cérébrales tendent à se synchroniser avec la différence de fréquence des deux sons. Si par exemple une oreille reçoit un son de 400 Hz, et l’autre un de 404 Hz, le cerveau descendra progressivement sa fréquence jusqu'à 4 Hz. En d’autres mots, cela a pour effet d’induire la personne dans un certain état de transe.

On peut trouver sur ce site le logiciel bwgen, et des presets, qui permettent de tester différentes choses. Bien entendu, cela est fait de façon plus ou moins rigoureuses, et on peut même dire que certains preset sont totalement farfelus. A vous de vous renseigner et d’expérimenter (même au niveau informatif c’est un domaine ou il y a pas mal de mythes et de choses non vérifiée). Personnellement, je me suis amusé avec tout cela il y a environ trois ans. Cela fonctionne pas mal, surtout lorsque l’on pratique déjà respiration et méditation. Par contre c’est relativement désagréable à écouter, et depuis, je préfère largement utiliser le tambour. Même si le fonctionnement du tambour est moins scientifique, il est tout aussi efficace, et bien plus agréable à utiliser. Les bols tibétains permettent de générer de battements binauraux, mais de façon moins contrôlée.

Monroe à principalement expérimenté la combinaison de deux battements binauraux, un avec une basse fréquence de battement, par exemple 3 ou 4 Hz, et un autre avec une fréquence d’état de conscience normal, par exemple 20 Hz, dans le but d’expérimenter les états dissociatifs de type oniriques. Les ondes de Monroe peuvent être également utilisées pour stimuler les chakras. Ceci est bien entendu beaucoup moins vérifiable, et c’est un domaine ou il existe un certain flou, et pas mal de légendes. Sur le principe, les chakras de la racine à la couronne, répondent respectivement aux fréquences des notes de DO à SI. Ensuite on trouve des variantes au niveau de l’octave utilisé (avec un LA à 55 Hz, 110 HZ, 220 HZ, 440 Hz, ou 880 Hz). Enfin on trouve également de légères variantes par rapport aux valeurs des fréquences des notes dans l’octave standard, en plus ou en moins. Par exemple au lieu d’avoir un LA de base à 440 Hz, on aura un peu plus ou un peu moins. Personnellement, j’ai l’impression qu’il faut que les fréquences soient légèrement plus faibles que les fréquences standards. Ces fréquences sont utilisées comme fréquence moyenne de l’onde de Monroe, et on introduit un écart permettant le battement et le ralentissement de l’activité cérébrale. Par exemple, pour l’ajna (6eme chakra, associé au LA), si l’on choisi 440 Hz pour la fréquence du chakra, et que l’on décide de synchroniser le cerveau à 10 Hz, on utilisera un son de 435 Hz dans une oreille, et 445 Hz dans l’autre.

vendredi 17 février 2006

La synapse à sérotonine

La synapse à sérotonine est identifiée par un certain nombre de chercheurs comme étant l’élément central dans le cadre des expériences spirituelles. Le cerveau a un fonctionnement complexe, et bien d’autres types de connexions synaptiques entrent également en ligne de compte. Je vais tacher de rester simple dans mes explications, et me centrer uniquement sur la synapse sérotoninergique.

Une synapse est un espace de communication entre deux cellules nerveuses. Pour une synapse donnée, la communication se passe toujours dans le même sens (transmission d’un message nerveux). La cellule nerveuse émettrice émet des neurotransmetteurs, messagers chimiques du cerveau, et la cellule réceptrice les reçoit sur des « sites » spécifiques, ce qui stimule la seconde cellule et transmet l’influx nerveux. Il existe ensuite deux mécanismes pour arrêter la stimulation de la deuxième cellule. La dégradation, qui métabolise le neurotransmetteur et stop son effet, et la recapture, qui ramène les neurotransmetteurs et leurs dérivés issus de leur dégradation à la cellule émettrice ou ils pourront être à nouveau utilisé.

Dans le cas de la synapse à sérotonine, les sites récepteurs sur la cellule réceptrice sont conçus pour recevoir la sérotonine. Pour faire simple, la sérotonine est notre anti-dépresseur naturel. C’est plus complexe, car en excès, la sérotonine peut provoquer des expériences très désagréables, de type « hallucinations psychotiques ». Encore une fois les phénomènes cérébraux sont quelque chose de très complexe.

En plus de la sérotonine, un certain nombre de substances peuvent agir sur le même récepteur, il s’agit des agonistes. Pour la sérotonine, le cerveau produit naturellement un certain nombre d’agonistes, principalement DMT (que l’on retrouve entre autres dans divers acacias, et dans la plante de chacruna ou psychotria viridis) et bufoténine (que l’on retrouve dans le yopo, ou anadenanthera, et dans certains crapauds exotiques). Ces deux substances ont une conformation très proche de la sérotonine, et sont très fortement hallucinogènes. Elles ont un rôle important dans la production des rêves. D’autres substances sont également des agonistes de la sérotonine, la psilocine (issue de la digestion de la psilocybine que l’on trouve dans certains champignons), l’ergine et l’isoergine (nommé également LSA, alcaloïdes de l’ergot du seigle et des graines d’ipomée), le LSD (synthétisé à partir des alcaloïdes de l’ergot).

Viennent ensuite les substances qui se fixent sur les récepteurs sans déclancher d’action. Ils empêchent les neurotransmetteurs de transmettre l’influx nerveux. Il s’agit des antagonistes. Les antagonistes de la sérotonine sont utilisés médicalement comme anti-psychotique (par exemple la clozapine) pour leurs propriétés anti-hallucinatoires.

La dégradation de la sérotonine se fait grâce à aux molécules de MAO (monoamine oxydases). Ces molécules ont un double rôle. Au niveau du cerveau, elles stop l’effet de la sérotonine. Elles jouent aussi un rôle très important dans la digestion comme elles digèrent la tyramine, présente dans de nombreux aliments. La tyramine permet de réguler la tension artérielle, et il ne faut donc pas que la tyramine alimentaire passe dans le sang, sinon cela déclancherait une crise d’hypertension pouvant provoquer la mort. Il existe des MAOI, inhibiteurs de MAO, comme par exemple l’harmine et l’harmaline contenues la rue de Syrie ou peganum harmala, qui était utilisé comme poisson. Ce type de substances, avec le régime alimentaire approprié, était utilisé comme anti-dépresseurs avant l’invention des anti-dépresseurs modernes. Les anti-dépresseur moderne, type prozac sont des SSRI, des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine. Au lieu de limiter l’oxydation de la sérotonine comme le font les MAOI, ses substances limitent la recapture. Dans les deux cas, la synapse sérotoninergique est stimulée plus longtemps à chaque influx nerveux.

C’est la glande pinéale, située sous le cerveau, au niveau du sixième chakra, qui produit DMT et bufoténine, nos hallucinogènes « naturels ». Et il se trouve que les expériences spirituelles fortes, illuminations mystiques, religieuses, états de méditation profonde, ... ont de grandes similitudes avec les expériences hallucinogènes basées sur la DMT. Des chercheurs, comme par exemple Rick Strassman, professeur de psychiatrie à l’université de British Columbia, et également pratiquant bouddhiste, étudient de très près le lien entre DMT et spiritualité. De ma propre expérience, la pratique spirituelle régulière permet d’augmenter la production et la libération de DMT, ce qui permet de vivre à cheval entre les mondes. Mais la frontière entre extase spirituelle et hallucination psychotique est mince. Ce phénomène est inhérent au fonctionnement de la synapse à sérotonine. Il faut quotidiennement regarder en soi et cultiver amour et compassion pour éviter ces désagréments. Pas facile...

jeudi 16 février 2006

La résonance de Schumann

Il y a environ un siècle, Tesla a mis en évidence un phénomène de vibration électromagnétique au niveau terrestre. Cinquante ans plus tard, Schumann a analysé le phénomène et mis au point un modèle mathématique permettant d’expliquer ce phénomène. Ce phénomène vibratoire est composé d’ondes complexes que l’on peut décomposer avec une onde de base d’une fréquence de 7.83Hz, et d’une série d’harmoniques, multiple de cette fréquence. Beaucoup de personnes dans le mouvement new age ont repris ce phénomène pour raconter n’importe quoi.

Cette vibration est souvent vue comme le battement de cœur de la terre. C’est glamour, mais en réalité ce phénomène est plutôt lié au ciel qu’a la terre. En effet, l’atmosphère sous la ionosphère (à environ 60km d’altitude) se comporte comme un guide d’ondes, et le phénomène observé est lié à la propagation des ondes dans ce guide d’ondes. Ensuite on assiste à tout un fleurissement d’histoires millénaristes basées sur la montée vibratoire de la planète.

Je comprends tout à fait cette notion de taux vibratoire très chère au new age. Il est vrai que lorsque qu’à travers une pratique régulière, on arrive à rester dans un certain état d’expansion, on se sent vibrer beaucoup plus que la normale. Le problème c’est qu’il s’agit d’une sensation de l’esprit qui n’a pas d’équivalent physique. Au contraire, d’un point de vue physique, les ondes cérébrales ont plutôt tendances à être ralentie par ce genre d’états.

Le problème c’est que ces théories racontent en général que la fréquence de 7,83Hz n’avait pas bougé depuis des millénaires, et que depuis peu de temps, elle est passée à 12Hz ! On rajoute souvent un peu de calendrier maya et de 2012, si possible avec en illustration la pierre du soleil aztèque ! Bien entendu, cela ne fait qu’un siècle que l’on connaît ce phénomène, et bien entendu il n’a pas changé depuis.

On trouve également que le rythme du tambour lors des voyages chamaniques est le même que la résonance de Schumann. Bien entendu c'est également faux. Le rythme du tambour se situe entre 2 et 3Hz (ce qui revient à 120-180bpm) et en aucun cas ne monte à 7.83Hz !

Les ondes cérébrales

Du fait des réactions chimiques au niveau des membranes des cellules nerveuses, permettant d’acheminer les messages nerveux, le cuir chevelu émet un très faible courrant électrique. Il est possible de mesurer des tensions de l’ordre du millionième de volt en plaçant des électrodes sur le crâne. On peut également mesurer la fréquence de ce phénomène électrique qui varie en fonction de l’activité du cerveau.

  • Les ondes bêta (12-45Hz), sont les ondes émises par le cerveau à l’état de veille, et également pendant le sommeil paradoxal, c'est-à-dire les phases oniriques du sommeil.
  • Les ondes alpha (8-12Hz), sont les ondes émises par le cerveau dans un état de relaxation légère (au repos, les yeux fermés).
  • Les ondes thêta (4-8Hz), sont les ondes émises pendant l’endormissement, pendant la première phase de sommeil lent (c'est-à-dire non paradoxal), et également pendant les états de relaxations profondes (méditation, hypnose, ...)
  • Les ondes delta (0,5-4Hz), sont les ondes émises pendant le sommeil profond. Les état de transes profonds permettent de descendre dans les ondes delta mais c’est assez difficile (risque d’endormissement).

La plupart des pratiques spirituelles ont tendance à faire diminuer la fréquence des ondes cérébrales. Les activités créatives également. Les substances dites « hallucinogènes » ont le même effet. Chez les enfants, les fréquences cérébrales sont naturellement plus faibles, et il n’est pas rare pour un enfant en bas age d’émettre des ondes thêta ou delta à l’état de veille. C’est sûrement pour cela que les enfants sont naturellement plus sensibles et imaginatifs que les adultes. L’éducation a tendance à limiter ces capacités, mais il y a également un phénomène physiologique qui fait que l’activité cérébrale change avec l’age.

Introduction

De nombreuses personnes cherchent à faire un lien entre science et spiritualité. Il existe parfois un lien entre les deux, et c’est un sujet intéressant. Malheureusement c’est très souvent mal fait. Certaines personnes cherchent à tout prix à prendre la science comme référence. Cela donne des résultats assez folkloriques. Ce phénomène est particulièrement fort en France depuis pas mal d’années, avec tous les pseudo travaux sur le magnétisme, la radiesthésie, les ondes de formes, ... On retrouve aujourd’hui un grand boom de ce genre « d’études » avec la mode new age qui en est également très friande. Malheureusement les auteurs sur ce genre de sujet sont ni des très bon scientifiques, ni de très bon ésotéristes.

La première chose qu’il est important de voir, c’est que la science n’est pas la réalité, et encore moins un exemple de rationalisme ou d’esprit cartésien. La science à pour but d’étudier les phénomènes physiques, du domaine du palpable. Pourtant la science inclus le temps dans la grande majorité de ses équations, et le temps n’est pas une valeur sensorielle, contrairement à la matière/énergie. C’est un concept purement spirituel. Il se trouve que la science fonctionne dans certaines conditions restreintes. Mais dans d’autres non. Einstein à repoussé les limites de ce bricolage temporel en rendant le temps relatif. Cela a permis d’élargir le champ d’application la science, mais on ne dispose toujours pas de théorie unifiée fonctionnant à la fois pour l’infiniment petit et l’infiniment grand. Cela reste du bricolage.

Les croyances populaires ne prennent pas en compte ces limites de la science. C’est dommage, parce que depuis la création de la mécanique quantique et de la relativité, la mentalité de la communauté scientifique a beaucoup évolué. Dans le milieu scientifique la science est à sa place. Le temps où les scientifiques pensaient qu’un jour ils pourraient tout expliquer est révolu. Mais les mentalités ont un siècle de retard, et les gens qui n’ont pas de culture scientifique croient plus que jamais à la science toute puissante. J’ai vais essayer ici d’écrire une série d’articles retranscrivant les recherches que j’ai pu faire sur le sujet depuis des années, en essayant de trier le crédible du fantasme.