Le Blog d'Artus, wicca, sorcellerie, chamanisme

samedi 14 juillet 2007

C'est quoi la magie Gardnerienne ?

Je ne poste habituellement pas de traductions sur ce blog. Une fois n'est pas coutume. Ceci est un extrait du livre des ombres Gardnerien que l'on trouve assez rarement, j'ai donc décidé de le traduire. Cet extrait donne une méthode traditionnelle pour lancer un sort. Cette méthode répond parfaitement à la question que je me pose en ce moment. Que ce passait-il dans la wicca à l'origine ?

(Les pieds, les genoux et les chevilles doivent être étroitement attaché pour retarder le sang.) Fouetter 40 fois ou plus, pour faire picoter la peau, alors dire, en invoquant la déesse,

Salut Aradia, de la corne Amalthéenne, déverse ta réserve d'amour. Je me courbe humblement devant toi ! Je t'invoque à la fin, quand les autres dieux sont déchus et méprisés. Tes pieds sont pour mes lèvres ! Mes soupirs innés montent, effleurent et s'enroulent à proximité de ton coeur. Alors, dispense ton amour, ta pitié la plus charmante, descend et donne moi de la chance, moi qui suis seul et triste.

Demandez à la déesse de vous aider à obtenir vos désirs, alors fouettez encore pour lier le sort. Cette méthode peut être puissante pour la malchance et la maladie. Elle doit être réalisée dans un cercle, et vous devez être correctement préparé (ndt: attaché) et bien purifié (ndt: fouetté), à la fois avant et après la formulation, pour lier le sort. Avant de commencer, vous devez visualiser une image claire de ce que vous voulez. Visualiser-vous ayant obtenu la chose souhaitée. Soyez sur, dans votre propre esprit de ce dont il s'agit exactement et de comment cela peut être atteint. Ce sort m'a été enseigné il y a longtemps et j'ai trouvé qu'il fonctionnait, mais je ne pense pas qu'il y ai de vertus spéciales dans ces mots. N'importe quels autres peuvent les remplacer, à condition qu'ils demandent l'aide de la déesse (ou du dieu), et qu'ils énoncent clairement ce que vous voulez, et que vous formiez une image mentale claire ; et si cela ne fonctionne pas du premier coup, essayez jusqu'à ce que ça marche. Votre aide, qui tient le fouet, doit savoir quel est votre souhait, et doit également former l'image mentale. Et au début, de toute manière, c'est mieux pour que le sort fonctionne que la fille prenne ensuite votre place et le fasse également ; alors que vous la fouettez. N'essayez rien de difficile au début, et faite le au moins une fois par semaine jusqu'à ce que ça marche. Vous devez être bienveillant l'un envers l'autre, avant que quoi que se soit se passe, et un travail régulier aide à obtenir cela. Pour lancer un sort, les mots exacts importent peu si l'intention est claire et que vous faite monter le vrai pouvoir, en quantité suffisante. Ils (ndt: les mots) doivent être toujours en rythme. Il y a quelque chose de particulier avec le rythme, les mots semblent se prononcer eux-mêmes. Vous n'avez pas à faire de pause et vous demander : « Qu'est-ce que je doit dire ensuite ? » Faire cela fait perdre beaucoup de votre intention.

lundi 9 juillet 2007

Cheminement

J'ai commencé à découvrir la spiritualité principalement grâce aux plantes, même si j'avais eu quelques expériences avant. Très rapidement je me suis tourné vers un certain nombre de pratiques "new age" parce que je ne voulais pas être dépendant de quelque chose d'extérieur pour vivre ma spiritualité. Comme l'usage des plantes est très lié au chamanisme, je m'y suis intéressé, et j'ai découvert un peu plus tard le core shamanism de Harner et l'utilisation du tambour. Tout cela permet d'ouvrir les portes, mais ne permet pas pour autant de savoir ou aller, ni comment y aller. Je connaissais la wicca depuis pas mal d'années, mais ce n'est qu'ensuite que je me suis tourné vers elle, au départ en reprenant les rituels traditionnels, sans initiation, puis en étant initié. La wicca est basée sur une imagerie qui me parle plus que tout autre, mais son intérêt reste trop culturel, l'efficacité pratique laisse un peu à désirer par rapport aux autres méthodes que je connais.

C'est à peut pret au moment ou je me suis tourné vers la wicca que j'ai commencé à vivre mes premières épreuves spirituelles. Il n'y a pas de lien entre les deux, c'était à travers des pratiques chamaniques. C'est de toute façon un passage obligé, comme le disait Jung, l'homme qui part à la recherche de la lumière se retrouve tôt ou tard confronté à son ombre. J'ai compris à ce moment que la but premier de la spiritualité était la guérison, pour marcher ensuite vers l'accomplissement de ses rêves. Le problème est comment tendre vers ce but ? La wicca semblait prometteuse sur le papier, parce que justement elle prend en compte, surtout depuis certains écrits de Viviane Crowley, cette notion d'ombre qu'il fallait apprendre à gérer. En réalité aucune méthode concrète n'est proposée pour franchir cette étape. Le chamanisme Harner propose un certain nombre de méthodes de guérison. Elles fonctionnent mais leur effet n'est pas très durable. Les problèmes reviennent en général aussi fort au bout d'une semaine après une extraction, un mois après un recouvrement d'âme. C'est en tout cas ce que j'ai constaté de façon systématique. Le psychopompe fonctionne bien, c'est le seul cas que j'ai vu ou des problèmes ont disparu de façon définitive, mais cela reste un cas bien particulier. J'en ai conclu que le chamanisme ne fonctionnait pas trop en matière de guérison hors d'un cadre tribal.

J'ai commencé à trouver un début de solution dans le tantra, principalement dans la pratique de purification des nadis. C'est un bon traitement de fond mais à double tranchant, car s'il permet d'assurer son ascension pour éviter les chutes, il fait aussi pas mal décoller. Après six mois, je me suis fait initié au reiki, et j'ai enfin trouvé un moyen permettant un traitement de fond à la fois doux, efficace et durable, mais il m'a fallu un an et demi de pratique pour arriver à la stabilité que je cherchais et envisager de pouvoir passer à la suite du chemin. J'ai aussi fini par comprendre comment ne plus être passif avec certaines plantes et comment les utiliser comme outil de guérison, mais encore une fois cela reste une technique des "grandes occasions" mais ne permet pas une hygiène spirituelle quotidienne. Pour cela j'ai principalement avancé seul. Les initiations à la wicca ne font que remuer un peu plus les problèmes, sans apporter les solutions nécessaire pour les régler. Dans ma pratique de la wicca en groupe, la guérison n'a jamais été le coeur des choses et les personnes que j'ai croisé n'ont visiblement pas trouvé le chemin pour ne plus être victime de leur ombre et enfin s'épanouir et vivre leurs rêves. Même si mon maitre reiki semble s'être mieux débrouillé, il m'a fallu avancer seul, après qu'il m'ai donné certaines clefs qui lui avait semblé utiles.

Aujourd'hui on pourrait penser que je suis satisfait, pourtant, je me tourne à nouveau vers la wicca, parce que c'est ce qui correspond le mieux à mon imaginaire. Le reiki, qui permet l'hygiène spirituelle qu'on ne trouve pas dans la wicca, manque d'images fortes. Mais j'en ai assez des rituels vide de sens que l'on fait parce que c'est la date, comme on va à la messe le dimanche. C'est pour cela que j'ai envi de rendre la wicca plus vivante, en reprenant les techniques traditionnelles, aujourd'hui tombées dans l'oubli, comme le fouet, les cordes, certaines techniques de sortilège typiquement gardneriennes, et s'il le faut en ajoutant toutes les techniques manquantes pour obtenir une voie spirituelle complète et efficace. Je voudrais que la pratique magique axée principalement sur la guérison et l'accomplissement personnel soit au centre de la wicca, comme c'était le cas à l'origine. Que le coté religieux de la wicca ne soit plus une fin en soit, mais n'existe que dans le cadre de cette pratique magique.

jeudi 21 juin 2007

Le rituel d'ouverture de la wicca

Le but d'un rituel d'ouverture est de se mettre en condition, de changer d'état de conscience pour se préparer à la suite du rituel. J'ai toujours trouvé le rituel d'ouverture de la wicca inefficace. Contrairement à n'importe quel rituel d'ouverture fonctionnel, il ne contient aucun moyen pour induire la transe, c'est juste une mauvaise pièce de théâtre. Nous avons donc rapidement pris l'habitude de battre le tambour avant chaque rituel, pour se mettre en condition et compenser l'inefficacité du rituel d'ouverture. Je me suis toujours posé un certain nombre de questions à ce sujet.

Même si Gardner n'était, à mon avis, pas la meilleure personne pour bâtir un système spirituel complet et fonctionnel, il n'était pas idiot pour autant. Je savais qu'il s'était inspiré de la golden dawn, hors dans la golden dawn, il existe un rituel rapide et efficace pour se mettre en condition, le rituel de pentagrame. Celui-ci est basé sur la vibration de noms sacrés. Bien entendu, les noms utilisés sont peut-être un peu trop judéo-chrétien pour la wicca, mais ils peuvent être remplacés, soit par d'autres, soit par des vocalises de voyelles, par exemple I-E-A-O-U, comme dans le rituel du pentagrame gnostique de Peter Carroll.

Plus tard, j'ai découvert que le rituel d'ouverture de la wicca était inspiré du rituel d'ouverture par les tours de garde de la golden dawn. Ce rituel ne se suffit pas à lui-même. Au début, il faut réaliser le rituel de bannissement du pentagrame, puis le rituel de bannissement de l'héxagrame. Dans ces deux rituels, il est question de vibrer des noms et c'est à ce moment que la mise en condition se fait. Bien que le rituel d'ouverture par les tours de garde soit indissociable des rituels de bannissement du pentagrame et de l'héxagrame, c'est pourtant ce qui a été fait lors de la création du rituel d'ouverture de la wicca. Pourquoi ? Seulement par incompétence ? Je ne pense pas que la wicca se serait développée comme elle l'a fait s'il n'y avait jamais rien eu à la base.

J'ai donc regardé un peu plus en détails les diverses versions du livre des ombres de Gardner. Dans la version de 1957, au tout début du rituel d'ouverture, on peut trouver la phrase all are purified, tous sont purifiés. Cela répondait à ma question, Gardner avait remplacé la mise en condition basée sur la vibration de noms par une séance de flagellation collective. Pas très étonnant de sa part. On peut également trouver une version de 1961 ou cette phase est réalisée en fin de rituel d'ouverture, cette fois-ci elle est plus détaillée. Alors, chaque fille attache son homme, les mains derrière le dos et la laisse au cou. Il doit s'agenouiller devant l'autel et être fouetté. Quand tous les hommes sont ainsi 'purifiés', ils purifient les filles à leur tour. Personne ne devrait être dans le cercle sans avoir été ainsi purifié.

J'avais trouvé ma réponse. L'utilisation du fouet peut tout à fait induire le changement d'état de conscience recherché lors d'un rituel d'ouverture. Si le rituel d'ouverture est inefficace, c'est qu'aujourd'hui, le fouet n'a pas conservé sa place d'origine, même dans les cercles qui se prétendent traditionalistes. Pire que cela, les personnes qui ont décidé que l'usage fouet ne devait être que symbolique n'ont pas jugé utile de le remplacer par quelque chose d'autre.

mercredi 9 mai 2007

La wicca traditionnelle

Cela fait maintenant 3 ans et demi que j'ai commencé à m'intéresser de très prêt à la wicca et à pratiquer. J'ai été initié il y a 3 ans et j'ai reçu mon second degré un an plus tard. Ayant abordé la wicca avec une bonne expérience des pratiques chamaniques et néo-chamaniques, j'ai toujours eu un regard critique vis-à-vis de la wicca qui n'a jamais été ma seule référence en matière de spirituel. Cependant, j'ai également toujours approché ces expériences l'esprit ouvert pour prendre tout ce qu'il pouvait se présenter. J'ai été particulièrement véhément par rapport à certaines choses lors de mon initiation au reiki il y a un an et demi, j'en ai d'ailleurs fait part sur mon blog. Si j'avais un certain nombre de références en matière de spirituel, je n'en avais pas en matière de traditions initiatiques. Il y a quelques semaines, j'ai eu la sensation de franchir une étape et d'être un peu plus libéré de tout cela, ce qui me donne envie de faire un bilan.

Le secret : Il n'y a pas de secret dans la wicca traditionnelle. La totalité du livre des ombres et des pratiques Gardneriennes ont été publiés il y a déjà longtemps. L'idée qu'il n'existe pas de livre des ombres complets, par exemple sur le net, est un mensonge inventé par les hardgards (branche intégriste de la wicca) pour justifier une importance qu'ils se donnent mais qu'ils n'ont pas. On trouve sur le net des livres des ombres bien plus complets que ce que l'on reçoit lors d'un second degré.

L'initiation au premier degré : N'importe qui, qui pratique régulièrement les rituels de la wicca arrivera au même résultat qu'un initié. L'initiation n'est pas une véritable initiation. Pour quelqu'un qui a déjà une pratique spirituelle, il n'y a pas un avant et un après, comme c'est le cas dans le reiki. Dans le cadre de la wicca, c'est juste quelque chose de formel, l'acceptation dans une communauté. Pour quelqu'un qui débarque dans le monde spirituel, il est possible que cela entraîne un déclic, mais c'est un cas très particulier et très rare. Le rituel d'initiation est plus fort que les autres rituels de la wicca. Mais n'importe quel rituel écrit pour une raison spécifique sera plus fort et aura plus de retombés qu'un rituel d'initiation. Cela reste sympathique, mais il ne faut pas donner à ce rituel l'importance qu'il n'a pas, sous peine de s'endormir sur ses lauriers, de se croire arrivé à quelque chose et ne plus rien faire. Toutes les personnes que j'ai croisées qui attachaient de l'importance à l'initiation, soit ne pratiquaient pas, soit s'ennuyaient dans leur pratique.

Les rituels : De la même façon qu'aller à la messe le dimanche n'est pas une pratique spirituelle à part entière, l'approche rituelle est particulièrement maladroite, d'autant plus que dans la wicca, les rituels n'ont pas de but spécifiques, mais sont juste la pour ponctuer les saisons. Pour donner une idée subjective, en terme d'intensité d'expérience, mais surtout en terme de changements durables dans sa vie, sur une échelle de 1 à 100, un rituel de la wicca serait à 1, une initiation à 5, un rituel créé dans un but spécifique à 10 et par exemple une cérémonie de hutte de sudation à 100. Quelqu'un qui prétend que la pratique rituelle est la panacée spirituelle est soit un menteur, soit un ignorant qui n'a pas d'autres références, dans les deux cas, il ne faut pas lui faire confiance.

La transe : La transe et l'ivresse sous toutes ses formes était le moteur de la wicca. Gardner l'affirme clairement dans les 8 sentiers présentés dans le livre des ombres. Aujourd'hui on assiste à une dégénérescence de la wicca. Tous les moyens pouvant induire la transe font peur et sont utilisés au compte-goutte. En plus de leur absence de but, c'est également une des raisons de la mollesse des rituels.

Le second degré : Le système des degrés a été emprunté à l'alchimie. Lors d'une pratique spirituelle régulière, on se retrouve rapidement confronté à son ombre. Le second degré signifie normalement qu'on est passé du stade de la confrontation et de la peur à celui de l'acceptation (passage de l'oeuvre au noir à l'oeuvre au blanc dans l'alchimie). En réalité, je n'ai jamais vu personne arriver à cela dans la wicca. Ce problème n'est pas spécifique à la wicca, on le retrouve dans la plupart des spiritualités. Ce phénomène est assez effrayant, surtout qu'il est très mal décrit. Pourtant, avec les bonnes pratiques quotidiennes, un peu de courage et de patience, ce passage difficile peut être franchi rapidement. C'est un passage nécessaire, sinon on tente de s'ouvrir, on reçoit une claque, on se referme, en boucle, sans jamais aller plus loin. Cette acceptation de sa propre folie, de ses propres blessures émotionnelles, même si elle ne nous libère pas totalement, nous rend plus stable. Elle permet également de ne pas être submergé par les problèmes des autres lorsqu'ils vivent une mauvaise expérience et au lieu de les rejeter, permet de les soutenir dans la compassion. Ceci correspond à l'attitude que l'on attend d'un second degré. Sauf que dans la wicca cela n'existe pas et il n'existe aucune pratique pour arriver à cela. Dès que quelque chose ne tourne pas parfaitement rond, on a directement droit à l'agressivité et au rejet. L'ajout par Gardner des anciennes lois dans le livre des ombres, suite aux aléas qu'il a pu rencontrer (Cardell et autres), montre que ce problème ne date pas d'hier et qu'il en a toujours été ainsi dans la wicca. Non, Gardner n'était pas un grand illuminé. Selon ma propre expérience et mes observations autour de moi, le second degré est très lié à l'archétype du vieux sage. L'archétype du vieux sage donne l'impression de détenir une sagesse illusoire alors que l'on est complètement à côté de la plaque. La sensation de libération que j'ai vécue il y a quelques semaines est justement liée au vieux sage. Je vois l'élévation au second degré comme une pratique dangereuse qui peut détruire une personne si elle se laisse leurrer par cet archétype.

Le troisième degré : Bien que je n'ai jamais reçu le troisième degré, je vais tout de même me permettre de donner un avis. Déjà qu'aucun pratiquant de la wicca n'arrive à se dépêtrer de l'ombre, ce qui correspond à la première porte à franchir dans une voie spirituelle, inutile de préciser que la notion d'un troisième degré n'a pas beaucoup de sens, vu que celle d'un deuxième n'en avait déjà pas. L'idée du troisième degré correspond au shaktipat dans le siddha yoga. Le maître effectue une transmission d'énergie à l'élève dans le but de déclencher une illumination. Avant cela, l'élève pratique quotidiennement un certain nombre d'exercices, pendant des années, pour se préparer à l'expérience. Encore une fois, Gardner nous a laissé la preuve que même à la fin de sa vie, il était loin d'être un grand illuminé et était donc incapable de déclencher une telle expérience. De plus, bon nombre de personnes initiées par Gardner ou sa grande prêtresse du moment ont reçu leur troisième degré après seulement quelques rituels, alors qu'elles n'avaient aucune pratique ou expérience spirituelle. Tout cela n'a pas beaucoup de sens. C'est une parodie de voie spirituelle, comme si les étapes qui en jalonnent le chemin n'étaient que des formalités dont il suffit de s'acquitter pour être tranquille.

En conclusion, depuis que je suis dans la wicca, j'ai toujours eu une approche critique et quand j'ai évoqué tout ce qui ne tourne pas rond dans la wicca traditionnelle, on pourrait avoir l'impression que tout cela est à mettre à la poubelle. Ce n'est pourtant pas le fond de ma pensée. Même si c'était un vieux con et un vieux menteur, il y avait une certaine énergie chez Gardner que l'on ne retrouve pas ailleurs et qui m'a toujours attiré. J'ai l'impression que malgré son incapacité à bâtir un système spirituel fonctionnel et cohérent, il avait mis le doigt sur quelque chose d'important qui ne demande qu'à être développé. Selon les témoignages qui nous sont parvenus de personnes ayant pratiqué avec Gardner, et contrairement à ce que les traditionalistes prétendent, il avait l'air d'être ouvert à cette évolution, la wicca se voulant sans dogmes et le livre des ombres n'étant pas une bible. Ce qui est évidant, c'est qu'avec l'évolution de connaissances spirituelles de ces dernières années la wicca traditionnelle n'a plus aucun sens aujourd'hui. Je pense aux travaux de Mircea Eliade et ses publications dans les années 50, aux découvertes de Gordon Wasson, au mouvement psychédélique et à la création de la chaos magick dans les années 70, à la création du core chamanisme par Michael Harner dans les années 80, ... Soit la wicca évolue, soit elle meure. J'ai longtemps été indifférent à cette idée, aujourd'hui, j'ai envie quelle évolue.

samedi 4 février 2006

Etre créatif

J'ai été assez étonné des échos que j'ai pu avoir au sujet de mon billet sur la wicca en tant que sorcellerie chrétienne. Surtout que je me serais plutôt attendu à avoir des échos négatifs et que ce n'était pas le cas. Je ne suis pas spécialement fier de ce billet pour plusieurs raisons, pourtant il succite pas mal d'intérêt on dirait... Déjà au départ je cherche à partager des pratiques. Je vois l'ésotérisme pratique et l'intellectualisation de l'ésotérisme comme deux axes qui se croisent, et trop de gens restent bloqués sur l'intersection des deux en pensant que c'est ça l'ésotérisme. Et plus on se livre à l'intellectualisation, plus on passe à coté de la pratique. Même si je partage ici certaines conceptions, ça ne reste que des mots est c'est plus souvent un piège qu'autre chose. C'est pour cela que les articles de "réflexion" présentent moins d'intérêt à mes yeux. Ensuite ce ne sont pas exactement des articles que j'ai écrit suite à une réflexion, mais plutôt une intellectualisation d'expériences. Voir cela comme des articles de réflexions pourquoi pas, mais c'est à mon avis partir dans la mauvaise direction. Enfin je ne me fait pas trop de bile, pour reprendre Flaubert "La parole humaine est comme un chaudron fêlé où nous battons des mélodies à faire danser les ours quand on voudrait attendrir les étoiles". Dans ce cas précis ça me travaillait depuis quelques temps, j'arrivais à le communiquer verbalement normalement, mais je bloquais pour l'écrire alors que j'en ressentais le besoin. Et en l'écrivant je ressentais comme un malaise, je faisais tout pour rendre cet article positif, mais je n'y arrivais pas complètement. En même temps le fait de l'écrire m'a libéré de ce besoin de sortir cela. Et puis le fait que certaines personnes, surtout celle qui me sont le plus étrangères, aient de l'intérêt pour ce billet à fait renaître le malaise. Rien de bien méchant en même temps, mais c'est un peu comme si on analysait le caca que j'avais eu besoin d'expulser, et que l'on trouvait ça trop génial...

Hier soir je me suis demandé comment transformer cela en quelque chose de positif. Je crois que c'est lié au fait que je reprenne Ingerman, le mécanisme c'est tout de suite déclenché. Sans faire de voyage, la réponse c'est imposée d'elle même. Plutôt que de regarder ce qui existe et qui est bancal, il faut créer quelque chose de moins bancal. C'est comme si mon esprit avait doublé de volume. C'est la troisième fois de ma vie que je ressent cela à ce point, la première fois c'était suite à une expérience avec les plantes, la deuxième lors de mon initiation reiki, hier c'était spontané. Je ne me suis jamais senti chamane, et si c'était le cas, ça serait un peu grave, je ne suis pas dans le monde pour. Le jour ou je me suis senti sorcier j'ai vraiment eu l'impression de me trouver, mais malheureusement, tout les gens qui ont fait des choses pour le "renouveau" de la sorcellerie n'ont fait que travestir la magie cérémonielle, elle même basée sur la kabbale chrétienne, elle même basée sur la kabbale juive, ... mais ont à mon sens rien fait renaître du tout, ils ont juste déplacé la poussière. C'était un peu le sens de mon article précédant. Le tantra est ce qui correspondrait le mieux à ce que je vois comme de la sorcellerie (je ne parle pas de la vision occidentale du tantra) mais c'est tellement éloigné de ma culture, je crois que je n'en saisirais jamais plus de 10% de l'esprit. Le reiki c'est la pierre qui manquait à mon édifice, mais ce n'est qu'une pierre pour moi, et même s'il s'agit d'une pierre importante, ce n'est pas l'édifice. Même si c'est une spiritualité basée sur le bouddhisme tendai qui est basé sur le sutra du lotus, dans lequel je retrouve pas mal d'éléments de ma conception du monde, ça manque de couleurs. J'ai besoin de plus de richesse, plus de symbolique.

En résumé, le chamanisme c'est bien, mais j'ai la sensation que c'est la spiritualité mourante de ce monde. Elle est importante parce qu'elle donne la graine qui manque dans toutes les "néo-sorcelleries". Mais j'ai l'impression qu'une part de son esprit nous échappera toujours, que le monde a trop changé et qu'il faut passer à la suite. C'est justement ce qui Ingerman fait, mais la pratique qu'elle décrit est trop basée sur le tambour, et aussi trop absolue à mon goût. Ca manque de sexe, de plantes, d'imposition des mains. On retrouve les sexe et les plantes dans le tantra, et l'imposition des mains dans le reiki, Mais comme William Blake, c'est ici et maintenant que je veux construire mon Jerusalem. Je ne suis pas en quête d'exotisme. J'ai l'impression que c'est le moment de planter ma graine. Sans aucune prétention. Je ne veux pas faire un jardin ni une forêt, je veux juste planter ma graine. Le solve et les fumés noires qui s'en dégagent, ça va un temps, mais un jour il faut passer au coagula ;-) Je veux continuer ce blog sous cette forme, parce qu'il exprime tout le bordel de mon être et de ma pratique spirituelle qui explore tout ce qu'elle peut explorer. Mais à coté j'ai envie de construire quelque chose de plus ordonné, de plus cohérent, de plus personnel. J'ai aussi envie, chose que je ne fais pas sur ce blog, de partager toutes les voies sans issues que j'ai pu emprunter. Parce que bon nombre d'entre elles m'ont aidé à avancer et m'ont apporté du bonheur. Je pense qu'elles sont à mon sens nécessaires à un moment ou a un autre sur le chemin spirituel. J'arrive assez bien à me représenter la progression initiatique de façon alchimique, et pour moi on ne réalise pas le grand oeuvre en transformant le plomb en or, mais en trouvant l'équilibre nécessaire qui permet de réaliser un alliage entre les sept métaux.

Je ne sais pas pourquoi mais aujourd'hui, alors que je parle d'être créatif et de créer quelque chose de personnel, j'ai plein de citations qui me viennent, cette fois je pense à Montaigne qui dit "Les abeilles pillottent deçà delà les fleurs, mais elles en font après le miel, qui est tout leur ; ce n’est plus thym ni marjolaine." Et aussi à l'évangile de Thomas parce que tout n'est pas à jeter dans le christianisme "Ce que tu entendras de ton oreille, et de l'autre oreille, proclame-le sur vos toits ! Car personne n'allume une lampe et ne la met sous le boisseau ou ne la met dans un endroit caché : mais il la place sur le candélabre afin que tous ceux qui entrent et sortent voient sa lumière"