Je place dans cette rubrique des choses qui au départ ont un rapport avec l'alchimie. Mais au delà de l'alchimie, tout ce qui touche à la psyché humaine et pourrait concerner tout autant la sorcellerie et le tantra par exemple. J'ai aussi l'intention d'y placer des articles sur la psychologie Jungienne. Je pourrais créer une autre rubrique, mais comme il a eu une approche alchimique de l'esprit humain, autant utiliser cette rubrique.
Alchimie
vendredi, décembre 9 2005
Sur l'usage la rubrique Alchimie
Par Artus le vendredi, décembre 9 2005, 08:32
jeudi, décembre 8 2005
Verbe et formatage de la pensée
Par Artus le jeudi, décembre 8 2005, 11:00
Quand je m'exprime, ici ou ailleurs, j'exprime parfois des points de vue assez tranchés. Il ne faut pas perdre de vue que le verbe est limitatif et ne peut que restreindre la pensée. L'esprit prend source dans le chaos primordial, et toute tentative de verbalisation est veine. L'esprit échappe à la conscience ordinaire. Même si cela ne se voit pas toujours, et que parfois je m'emporte et j'oubli, quand je m'exprime, je tente de garder l'esprit ouvert et de regarder de chaque coté de la lame du verbe. Il faut prendre tout cela pour ce que c'est, des mots qui ne font que limiter ce que je désirerais exprimer.
lundi, novembre 14 2005
Synchronicité et œuvre au blanc
Par Artus le lundi, novembre 14 2005, 17:34
Jung a introduit dans ses travaux le principe de synchronicité pour combler le manque quand il observait un lien entre deux événements et que le principe de causalité ne suffisait pas à expliquer certaines choses. Dans la causalité, deux événements distincts sont liés par un rapport de cause à effet. Dans la synchronicité, il y a juste une sorte de hasard qui fait bien les choses. C’est un concept souvent assez mal compris, pour éviter d’éventuels problèmes de compréhension, j’ai choisi quelques citations de Jung qui clarifient ce qu’est pour lui la synchronicité.
Voici comment Jung définissait la synchronicité :
Il est sans doute opportun d'attirer l'attention sur un contresens éventuel que le terme de synchronicité pourrait susciter. Je l'ai choisi parce que la simultanéité de deux événements reliés par le sens et non par la causalité m'apparaissent comme un critère essentiel. J'emploie donc ici le concept général de synchronicité dans le sens particulier de coïncidence temporelle de deux ou plusieurs événements sans lien causal et chargés d'un sens identique ou analogue; ceci par opposition au « synchronisme », qui ne désigne que la simple simultanéité des événements.
Voici un exemple donné par Jung :
Je citerai, simplement à titre d'exemple, un cas que j'ai observé. Dans un moment décisif de son traitement, une patiente eut un rêve où elle recevait en cadeau un scarabée d'or. Tandis qu'elle me racontait son rêve, j'étais assis le dos tourné à la fenêtre fermée. Soudain, j'entendis derrière moi un bruit, comme si quelque chose frappait légèrement à la fenêtre. Me retournant, je vis qu'un insecte volant à l'extérieur heurtait la vitre. J'ouvris la fenêtre et attrapai l'insecte en vol. Il offrait avec un scarabée d'or l'analogie la plus proche qu'il soit possible de trouver sous nos latitudes : c'était un scarabéidé de la famille des lamellicornes, hôte ordinaire des rosiers : une cétoine dorée, qui s'était apparemment sentie poussée, à l'encontre de ses habitudes normales, à pénétrer juste à cet instant dans une pièce obscure.
Je vois deux aspects dans la synchronicité. Le « bon » et le « mauvais ». Je vais commencer par le mauvais. Souvent la vie nous met face à des événements qui nous semblent injustifiés, et qui le sont d’un point de vue « causalité ». Souvent ces événements se répètent. Souvent on blâme les autres, ou alors on parle de destin, de malchance, de vies antérieures et de karma. Tout cela est une forme de projection. Une façon de dire, « ce n’est pas ma faute, le problème est extérieur ». Mais pourtant, toute la vie est intérieure. Si quelque chose arrive à nous atteindre, c’est que cette chose trouve l’écho en nous. Ce que l’on voit comme un problème extérieur n’est que le reflet de nous même. Un enseignement que la vie a mis sur notre chemin pour nous aider à voir, car même si la vie est une expérience intérieure, l’extérieur nous aide sacrément à l’appréhender. Tant que l’on ne voudra pas voir que le problème est en nous et qu’on le considèrera comme extérieur, la vie fera en sorte qu’il se répète, quelque soit nos choix, et au delà de toute causalité. C’est ce mécanisme que je qualifie de « mauvaise synchronicité ».
Un exemple classique, le couple. Bon nombre de personnes tombent sans arrêt sur « la mauvaise personne », la quitte, et dans la plupart des cas revivent un enfer bien pire avec quelqu’un d’autre. La seule solution pour mettre fin à ce cycle est de regarder en soi, et de voir ce que ces situations peuvent nous apprendre sur nous même. Je pense que ce que les alchimistes appellent l’œuvre au blanc correspond au dépassement de la projection (autant que possible), et au désamorçage de ces cercles vicieux de la « mauvaise synchronicité », qui bien entendu n’est pas si mauvaise quand on sait la décoder et en tirer des enseignements.
Pour ce qui est de la bonne synchronicité, il s’agit de ces « coïncidences » qui égayent la vie. A certains moments particuliers, elles peuvent se succéder à une allure incroyable. Cela correspond au hasard objectif d’André Breton qui permet l’invasion du merveilleux dans le quotidien. La magie, permet de manière ponctuelle de créer ce genre de synchronicité. La voie mystique est pour moi un moyen plus permanant, plus mature, d’intégrer ce merveilleux dans le vie de tous les jours. C’est en cela que la magie est dangereuse. Si l’on veut accéder à la bonne synchronicité alors que l’on n’a pas compris la mauvaise, l’univers risque de ne pas être d’accord, et de nous le faire savoir. Et c’est pour cela que la voie mystique me semble une approche plus mature. Au lieu de chercher à changer le monde autour de soi, on le change en soi, activement, et on attend de voir, quel reflet nous donne l’univers, qu’elle synchronicité se place sur notre chemin. C’est beaucoup plus fort que l’approche magique ou l’on cherche à réaliser sa volonté. On obtient beaucoup plus ainsi. On arrive à des choses que notre volonté n’imaginerait même pas et qui nous rendent infiniment plus heureux.
lundi, octobre 24 2005
Projection et Oeuvre au noir
Par Artus le lundi, octobre 24 2005, 15:29
Le coté pathologique des phénomènes psychiques a souvent été bien étudié par les psychanalystes. Par contre, le coté normal est quelque chose qui, à mon avis, fait défaut. La projection est le fait d’attribuer à autrui ses propres sentiments. Bien entendu cela peut être pathologique, par exemple, lorsque qu’on fait une remarque à quelqu’un et que l’on obtient systématiquement la réponse : « non c’est toi ». Et sans rentrer dans les détails de la projection pathologique, cela peut être bien plus grave que cela. Je voudrais plutôt parler de la projection normale dans un premier temps, et son application à l’ésotérisme et au cheminement initiatique.
Lors d’une expérience mystique très forte, j’ai compris à quel point la vie était une expérience intérieure et à quel point le rapport aux autres fonctionnait par projection. On peut être sensible, dialoguer, se démener autant que l’on veut, si on n’a pas d’écho en nous pour une chose donnée, on ne peut pas la ressentir. A travers d’autres expériences, régulièrement, lorsque je me retrouve d’en un état d’ouverture assez important, il m’arrive de voir visuellement une membrane-miroir qui à la fois nous connecte aux autres, mais en même temps nous isole dans notre monde intérieur, elle déforme notre perception, et nous renvoie une image de nous même, elle aussi, déformée. Les émotions ou autres messages produits par l’autre font vibrer la membrane, celle-ci les retransmet en déformé. Le message déformé sera reçu s’il trouve un écho en nous, sinon il sera perdu. Cet écho en nous est également déformant, c’est l’effet du miroir sur la membrane. Bien entendu, il est difficile d’expliquer tout cela, qui est visuel, sans vraiment l’être, et qui est une façon très personnelle de percevoir la projection.
Tout cela est assez paradoxal. D’un coté on se rend compte que l’on est seul au monde, et que les relations humaines sont quelque chose de sacrément illusoire. Souvent, lorsqu’on croit comprendre l’autre, on a vu qu’une vision déformée de son nombril. Et d’un autre coté, l’acceptation de ce phénomène et sa bonne connaissance permettent plus facilement de vivre des expériences humaines très fortes et de prendre conscience que tout est connecté à tout.
Comprendre tout cela me semble essentiel lorsqu’on s’engage dans un chemin ésotérique. Quand j’emploie le mot « comprendre », il ne s’agit pas, bien entendu, de compréhension intellectuelle. Il faut vivre ces choses, les éprouver, se faire une idée par soi-même. Quand j’ai commencé à pratiquer certains exercices permettant de toucher de manière assez systématique à la « Lumière », l’Essence Divine, on m’a dit qu’il fallait connaître son ombre parce qu’on était dans un monde de dualité et que la lumière attirait l’ombre. Et en connaissant et acceptant son ombre, elle influait moins. Effectivement, cela s’est rapidement concrétisé dans ma pratique, mais en même temps cette explication m’a toujours parue tirée par les cheveux. D’autant que d’un autre point de vue, la lumière a plutôt tendance à attirer la lumière.
J’ai aujourd’hui une autre compréhension de ce phénomène. Encore une fois, ce n’est que ma vision. En fait lorsqu’on touche cette lumière, on s’ouvre. Et lorsqu’on revient dans le monde de tous les jours, on ne ressent pas que des bonnes choses. On peut recevoir de l’amour, mais également beaucoup de peurs sous une forme ou une autre (l’agressivité par exemple). Et ce sont ces peurs auxquelles on s’ouvre qui font écho en nous et réveillent nos propres peurs, les décuplent. C’est l’éveil de nos démons, l'oeuvre au noir des alchimistes. Plus on s’ouvre, plus on voit l’ampleur de notre folie [1]. Bien entendu, on peut rester sur cette vision simpliste de dire que la lumière éclaire l’ombre, mais je pense que l’on peut facilement mieux décrire ce phénomène.
Notes
[1] Enfin dans le meilleur des cas. C'est tellement plus facile de ne pas voir et de blâmer les autres.
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