Le Blog d'Artus, wicca, sorcellerie, chamanisme

samedi 19 janvier 2008

Le centrage

Pour cet exercice, asseyez-vous sur une chaise ou en tailleur, de la façon qui vous est le plus confortable, le dos droit. Placez vos mains en position de prière, devant vous au niveau du coeur, doigts vers le haut. Détendez-vous et focalisez votre attention sur l'endroit ou la pointe de vos majeurs se touchent. Oubliez tout le reste. Si une pensée vient vous divertir, mettez la de coté avec calme et focalisez à nouveau votre attention sur la pointe de vos majeurs.

Vous pouvez aussi tester d'autres points de centrage. Par exemple, toujours assis de la manière qui vous semble la plus confortable, le dos droit, placez vos mains sur vos genoux, et centrez-vous sur votre hara, centre énergétique situé dans votre ventre, environ 5 cm sous le nombril. Il est également habituel de faire la même chose en se centrant sur son coeur.

Notez les différences entre ces exercices. Dans le premier cas, la posture à un intérêt énergétique particulier, et le point de centrage est plutôt neutre. Dans le deuxième exercice, on se centre sur le hara, source de notre énergie. Dans le troisième, on se centre sur le coeur, siège de nos émotions.

La découverte du chemin

Pour commencer, voici un certain nombre de techniques sans prétentions, parfaites pour débuter. Ces techniques permettent de se familiariser avec quelques éléments essentiels avant de passer à la suite. Parmi elles, on retrouve un exercice pour apprendre à se centrer, un exercice pour se sensibiliser à l'énergie, un autre pour apprendre à voir autrement et enfin un chapitre avec tous les éléments de base à connaître pour développer sa vie onirique. Pour chacun de ses exercices, il est bon de s'entraîner tous le jours. D'une manière générale, dans la pratique spirituelle, il est préférable de faire des petites choses chaque jour, plutôt qu'un coup d'éclat une fois par mois et plus rien le reste du temps. Ce n'est pas comme cela que les choses fonctionnent. La démarche spirituelle demande une pratique régulière. Choisissez un exercice, consacrez lui 5 à 10 minutes par jour. Quand vous le maîtrisez, passez à un autre. En prenant cette habitude, vous aurez de bien meilleurs résultats.

Histoire de la wicca

Le mythe fondateur de la wicca est issu des théories de Johann Jakob Bachofen (1815-1887). Les théories de Bachofen reposent sur deux grands axes. L'idée de « grande déesse », et de l'importance du principe féminin dans les religions dites primitives. Et la notion de matriarcat. Concernant le premier point, les découvertes archéologiques modernes ont tendance à confirmer son hypothèse de la grande déesse. Par contre sa théorie sur le matriarcat dans le paganisme a été remise en cause, entre autre par l'historien Simon Pembroke dans les années 70, qui a démontré une absence de preuves.

Vient ensuite se greffer la théorie d'un personnage plus connu dans la wicca, Margaret Murray (1863-1963). Selon elle, les sabbats racontés pendant les procès de sorcellerie au moyen age décriraient la pratique d'une ancienne religion païenne ayant subsisté au christianisme. Tout cela serait le témoignage d'un culte organisé, de rassemblements , de rituels. Sa théorie est entièrement remise en cause aujourd'hui. On lui reproche d'avoir choisi ses sources en éloignant celles qui contredisaient sa thèse, et d'interpréter à sa manière celles qu'elle avait choisi d'utiliser. Elle a malgré tout ses partisans dans les milieux wiccan et néo-païen. Son idée était bonne, mais je pense qu'elle avait une vision trop terre à terre de la spiritualité. Elle a par exemple mis de coté les rapports parlant de transformation en animaux et de vol de nuit, parce que cela ne correspondait pas à son idée de cultes organisés. Elle n'avait pas compris que tout cela se passait dans l'autre monde.

Gerald Gardner est né en 1884, a passé la majeure partie de sa vie en Malaisie, puis est retourné en Angleterre lors de sa retraite, en 1936. Il rejoint en 1938 le groupe rosicrucien et co-maçon (la co-maçonnerie est une forme de franc-maçonnerie mixte), crotona fellowship. Ce groupe avait la volonté de créer des rituels de sorcellerie s'inspirant des écrits de Margaret Murray. Gardner prétend avoir été initié en 1939 par Old Dorothy, sorcière héréditaire, il avait alors 55 ans. Pourtant, quand on ordonne ses écrits, on n'a plutôt l'impression de voir le mythe et les rituels se développer petit en petit. Le première version du livre des ombres date de 1949 soit dix ans après cette prétendue initiation, avant il y avait le « ye bok of ye arte magickal » une ébauche du livre des ombres, très inspiré des clefs de Salomon. Tous les chercheurs sérieux qui ont étudié l'histoire de la wicca sont unanimes, Gardner a créé le wicca.

La façon de tracer le cercle ressemble beaucoup à celle utilisé dans la golden dawn, les associations éléments / directions / couleurs, façon de visualiser le cercle et des tracer les pentacles aux quartiers, le concept de gardien des tours de garde (issus de la magie énochienne et utilisés par la golden dawn). Gardner prétendait dans « witchcraft today », en 1954, que les personnes à l'origine de la wicca avaient sûrement les mêmes sources que ceux à l'origine de la Golden Dawn 70 ans plus tôt, d'où le mythe que le wicca aurait été créée au XIX° siècle. Ceci n'a bien entendu aucun sens, l'idée de la wicca reposants de façon évidente sur les écrits de Margaret Murray.

Non seulement Crowley, l'OTO, la Golden Dawn et les clefs de Salomon ont eu une importance capitale dans la constitution de la wicca, mais on retrouve également une forte influence maçonnique. Les trois degrés initiatiques, le concept d'Art, le « qu'il en soit ainsi » utilisé dans les rituels. Le rituel d'initiation de la wicca est calqué sur le rituel maçonnique, l'épreuve, l'idée d'être correctement préparé (même si cela prend un sens différent dans la wicca), le quintuple baiser inspiré des cinq points de compagnonnage, le contenu du serment, la présentation des outils. Le pentacle et le symbolisme qui lui est associé est issu de l'étoile flamboyante de la franc-maçonnerie (symbole du compagnon) elle même reprise aux gnostiques et qui à l'origine n'a rien d'un symbole sorcier. Dans « the meaning of witchcraft », en 1959, il livre certains détails de sa prétendue initiation :

J'ai réalisé que j'étais tombé sur quelque chose d'intéressant; mais j'étais à moitié initié avant que le mot, « wica » qu'ils avaient utilisé me touche comme un coup de foudre, et j'ai su ou j'étais, et que l'Ancienne Religion existait encore. Et alors je me suis retrouvé dans le Cercle, et j'ai accepté l'habituel serment du secret, qui m'interdit de révéler un certain nombre de choses.

Il parle de secret, pourtant, dans « high magic's aid », publié en 1949, il donne par exemple le rituel d'initiation dans sa totalité. Il a toujours eu une grosse envie de publicité. C'est même cette envie excessive de publicité qui a créé le fossé entre lui et Doreen Valiente arrivé dans le coven en 1953, et partie en 1957 après avoir écrit les rituels de sabbats mineurs qui n'existaient pas dans les premières versions du livre des ombres, et une grosse partie de la charge de la déesse, (les passages venant d'Aleister Crowley). Selon les mots de Gardner, rapportés par Doreen Valiente, il aurait complété les rituels trop fragmentaires venant de Old Dorothy.

De toute façon, Gardner connaissait la franc-maçonnerie, il ne se serait jamais extasié devant un rituel d'initiation calqué sur celui de cette tradition. Il est bien plus probable que son initiation dans une tradition héréditaire n'ait jamais eu lieu. D'autant que ces idées de sorcellerie héréditaire et d'ancienne religion reposent sur les écrits de Margaret Murray qui n'ont aucune valeur historique. Encore une fois, Gardner alimente son mythe de création.

Wicca, société secrète, religion, ou sorcellerie ?

La wicca traditionnelle entretien un grand flou entre un certain nombre de notions qui au départ n'ont pas forcement de rapports. Elle est à la fois une société secrète et une religion. Cela est parfois assez problématique, en effet autant une société secrète est fermée et relativement figée, autant une religion est ouverte et en perpétuelle évolution. Il aurait été plus judicieux de faire quelque chose ressemblant à l'oto et thelema. L'oto est une société secrète. Thelema est une religion pratiquée au sein de l'oto, mais également en dehors. Ainsi cela n'a rien de choquant pour quelqu'un de l'oto qu'un thelemite envisage sa religion comme une simple philosophie de vie. Ce genre de point vue témoigne de l'évolution normale d'une religion. Dans la wicca, comme tout est mélangé, quand quelqu'un affirme que la wicca est une philosophie de vie, cela énerve les traditionalistes. Même chose quand Scott Cunningham décrit la wicca comme un chemin personnel dans un cadre non initiatique. Gardner était co-maçon, lisait The Equinox et les livres d'Israël Regardie sur la Golden Dawn. C'est donc normal qu'il ait donné à la wicca des allures de société secrète, mais je ne pense pas que cet aspect soit amené à survivre. Tout cela est issu d'une autre époque, principalement du positivisme du XIX°s, et la wicca, en tant que moyen pour nous aider à sortir du scientisme actuel, doit être tournée vers l'avenir.

Autre grand flou, le mélange entre religion et sorcellerie. La sorcellerie, même si elle a parfois recours au divin, elle n'est pas centrée sur le divin, et n'est pas en soi une religion, c'est une discipline qui cohabite aux côtés de chaque religion. Il existe une sorcellerie juive, une sorcellerie chrétienne, une sorcellerie musulmane, ... De la même façon il existe une sorcellerie wiccane. La principale différence entre la wicca et les grandes religions citées, c'est que dans les grandes religions, la sorcellerie est généralement interdite en théorie, plus ou moins mal vue, mais elle est tout de même pratiquée, et a parfois un rôle social important, alors que dans la wicca, la sorcellerie est parfaitement acceptée, elle est même intégrée. A tel point que cela peut devenir problématique, une personne peut très bien envisager la wicca comme une religion et ne pas avoir envie de pratiquer la sorcellerie, même si cela peut sembler impossible pour un traditionaliste qui a été ordonné à la fois prêtre et sorcier (ou prêtresse et sorcière). Encore une fois, je ne pense pas que le traditionaliste ait raison. La wicca traditionnelle est mal construite et ne devrait pas mélanger aussi intimement religion et sorcellerie. C'est tout à fait habituel de souhaiter appartenir à une religion sans pour autant pratiquer la sorcellerie.

Même si je conçois tout à fait que la wicca puisse être considérée comme une simple religion, ou une philosophie de vie, ce n'est pas ces aspects que j'ai envie de développer ici. Quand je parle de wicca, c'est un abus de langage et c'est de sorcellerie wiccane dont il s'agit.

vendredi 18 janvier 2008

Wicca 2.0

Depuis que je m'intéresse à la wicca, j'ai toujours eu un point de vue ambivalent à son sujet. D'un côté, j'y trouve quelque chose que je ne retrouve pas ailleurs, non pas dans les pratiques, mais dans l'esprit. D'un autre côté, je trouve que la wicca est une construction bancale, qu'elle est archaïque et maladroite, autant du point de vue de la morale, de la cosmologie, ou de la pratique. La wicca traditionnelle manque d'innovation. La wicca éclectique pourrait sembler l'alternative idéale, Mais dans les faits, elle est encore trop souvent envisagée comme une philosophie de vie, ou pire, une religion de masse (un nouvel opium pour s'ajouter à la tv et internet) plutôt que comme une voie spirituelle de transformation personnelle.

J'ai toujours envisagé la wicca comme une discipline libre, pour reprendre le langage internet, une discipline "open source" dans laquelle chacun apporte ce dont il a besoin et le partage. Certaines personnes ayant pratiqués avec Gerald Gardner, par exemple Fred Lamond, confirment cette impression. Gerald Gardner pensait que son livre des ombres était juste une façon de faire, et qu'il ne fallait pas le prendre comme la bible de la wicca. Gardner l'écrit dans ce même livre des ombres en 1953 dans le chapitre où il explique comment obtenir une vision. Les rituels ne sont là que pour apprendre à connaitre l'extase divine, mais ils ne sont pas nécessaires une fois que l'on connait cet état. Il pense que les rituels sont le meilleur moyen pour découvrir cela. C'était surement le cas à son époque, mais depuis, bon nombre de (re-)découvertes ont été faites en matière de spiritualité, et il se trouve que ce qu'il propose est particulièrement inefficace par rapport aux techniques qui sont à notre disposition aujourd'hui. Je pense aux travaux initiés par Austin Spare, Gordon Wasson, ou Mircea Eliade dans les années 50 et tout ce qui en a découlé dans les années 70-80.

Cela fait maintenant deux ans j'ai envie de proposer une vision moderne de la wicca, mais je suis trop resté dans la critique au lieu d'être constructif. Depuis un an, j'ai écrit un certain nombre d'articles que je n'ai pas publié. J'ai aujourd'hui envi d'en partager quelques-uns que je placerais dans la section "Wicca 2.0", histoire de faire un clin d'œil au langage internet.