Le Blog d'Artus, wicca, sorcellerie, chamanisme

lundi 9 juillet 2007

Cheminement

J'ai commencé à découvrir la spiritualité principalement grâce aux plantes, même si j'avais eu quelques expériences avant. Très rapidement je me suis tourné vers un certain nombre de pratiques "new age" parce que je ne voulais pas être dépendant de quelque chose d'extérieur pour vivre ma spiritualité. Comme l'usage des plantes est très lié au chamanisme, je m'y suis intéressé, et j'ai découvert un peu plus tard le core shamanism de Harner et l'utilisation du tambour. Tout cela permet d'ouvrir les portes, mais ne permet pas pour autant de savoir ou aller, ni comment y aller. Je connaissais la wicca depuis pas mal d'années, mais ce n'est qu'ensuite que je me suis tourné vers elle, au départ en reprenant les rituels traditionnels, sans initiation, puis en étant initié. La wicca est basée sur une imagerie qui me parle plus que tout autre, mais son intérêt reste trop culturel, l'efficacité pratique laisse un peu à désirer par rapport aux autres méthodes que je connais.

C'est à peut pret au moment ou je me suis tourné vers la wicca que j'ai commencé à vivre mes premières épreuves spirituelles. Il n'y a pas de lien entre les deux, c'était à travers des pratiques chamaniques. C'est de toute façon un passage obligé, comme le disait Jung, l'homme qui part à la recherche de la lumière se retrouve tôt ou tard confronté à son ombre. J'ai compris à ce moment que la but premier de la spiritualité était la guérison, pour marcher ensuite vers l'accomplissement de ses rêves. Le problème est comment tendre vers ce but ? La wicca semblait prometteuse sur le papier, parce que justement elle prend en compte, surtout depuis certains écrits de Viviane Crowley, cette notion d'ombre qu'il fallait apprendre à gérer. En réalité aucune méthode concrète n'est proposée pour franchir cette étape. Le chamanisme Harner propose un certain nombre de méthodes de guérison. Elles fonctionnent mais leur effet n'est pas très durable. Les problèmes reviennent en général aussi fort au bout d'une semaine après une extraction, un mois après un recouvrement d'âme. C'est en tout cas ce que j'ai constaté de façon systématique. Le psychopompe fonctionne bien, c'est le seul cas que j'ai vu ou des problèmes ont disparu de façon définitive, mais cela reste un cas bien particulier. J'en ai conclu que le chamanisme ne fonctionnait pas trop en matière de guérison hors d'un cadre tribal.

J'ai commencé à trouver un début de solution dans le tantra, principalement dans la pratique de purification des nadis. C'est un bon traitement de fond mais à double tranchant, car s'il permet d'assurer son ascension pour éviter les chutes, il fait aussi pas mal décoller. Après six mois, je me suis fait initié au reiki, et j'ai enfin trouvé un moyen permettant un traitement de fond à la fois doux, efficace et durable, mais il m'a fallu un an et demi de pratique pour arriver à la stabilité que je cherchais et envisager de pouvoir passer à la suite du chemin. J'ai aussi fini par comprendre comment ne plus être passif avec certaines plantes et comment les utiliser comme outil de guérison, mais encore une fois cela reste une technique des "grandes occasions" mais ne permet pas une hygiène spirituelle quotidienne. Pour cela j'ai principalement avancé seul. Les initiations à la wicca ne font que remuer un peu plus les problèmes, sans apporter les solutions nécessaire pour les régler. Dans ma pratique de la wicca en groupe, la guérison n'a jamais été le coeur des choses et les personnes que j'ai croisé n'ont visiblement pas trouvé le chemin pour ne plus être victime de leur ombre et enfin s'épanouir et vivre leurs rêves. Même si mon maitre reiki semble s'être mieux débrouillé, il m'a fallu avancer seul, après qu'il m'ai donné certaines clefs qui lui avait semblé utiles.

Aujourd'hui on pourrait penser que je suis satisfait, pourtant, je me tourne à nouveau vers la wicca, parce que c'est ce qui correspond le mieux à mon imaginaire. Le reiki, qui permet l'hygiène spirituelle qu'on ne trouve pas dans la wicca, manque d'images fortes. Mais j'en ai assez des rituels vide de sens que l'on fait parce que c'est la date, comme on va à la messe le dimanche. C'est pour cela que j'ai envi de rendre la wicca plus vivante, en reprenant les techniques traditionnelles, aujourd'hui tombées dans l'oubli, comme le fouet, les cordes, certaines techniques de sortilège typiquement gardneriennes, et s'il le faut en ajoutant toutes les techniques manquantes pour obtenir une voie spirituelle complète et efficace. Je voudrais que la pratique magique axée principalement sur la guérison et l'accomplissement personnel soit au centre de la wicca, comme c'était le cas à l'origine. Que le coté religieux de la wicca ne soit plus une fin en soit, mais n'existe que dans le cadre de cette pratique magique.

mardi 21 février 2006

Le guide noir et le guide blanc

Ce que je vais exposer peut paraître un peu cliché, mais bizarrement, cela me semble assez important. J’ai rencontré au cours de l’été 2004 un guide un peu particulier. Sans le chercher, sans voyager au tambour, de façon très spontanée. Et même si je n’ai jamais cherché à entretenir un relation particulière avec ce guide, il y eu un grande importance dans ma vie, et m’a bien plus enseigné et aidé que tous mes autres « alliés de tambour ». Je pense que ce personnage était ce que certain appèlent le frère de l’ombre (ou la sœur de l’ombre), mon double sorcier dans l’autre monde.

Au cours de l’été 2005, je me suis pas mal intéressé au tantra, non pas sous ses formes occidentales édulcorées, mais sous sa forme traditionnelle (je devrais utiliser le pluriel car il existe une multitude de formes traditionnelles). Le tantra est pour moi un exemple de véritable sorcellerie traditionnelle moderne telle que je le conçois. Cette discipline spirituelle n’est pas dédiée à une élite de prêtres mais est accessible aux autres castes, elle n’hésite pas à recourir à des moyens que beaucoup d’autres disciplines considèreraient comme « violents », c’est une spiritualité de l’ivresse, le sexe et les plantes y sont très souvent utilisés, ce qui n’empêche pas d’avoir une palette complète d’autres techniques très efficaces. Cette discipline est moderne, créée à partir de l’hindouisme orthodoxe il y a environ mille ans (comme on retrouve certains tabous du tao du sexe dans le tantra, on peut se dire qu’il y a également un inspiration chinoise dans le tantra).

Durant cette période, j’ai surtout utilisé des mantras et pratiqué la purification des nadis. J’ai pas mal assimilé le rôle de Shiva en tant que destructeur de l’ignorance, inventeur du yoga, le guru des gurus. J’ai aussi eu quelques petites expériences avec Shakti/Kundalini. J’ai eu la sensation de franchir une étape, de devenir moins « lourd », moins « collant », d’un point de vue spirituel. Pour reprendre un vocabulaire, new age, je pense que c’est une histoire de « taux vibratoire ». J’ai senti ce passage se confirmer quelques mois plus tard quand j’ai décidé de me faire initier au reiki, puis lors de l’initiation proprement dite. Tout cela m’a complètement détaché de ce guide noir, et j’ai rencontré un guide blanc assez rapidement, un frère de la lumière ?

Déjà depuis l’été denier, mais encore plus fortement depuis cette rencontre, j’ai l’impression d’être entré dans une autre sphère de la sorcellerie plus lumineuse. J’ai l’impression que la plupart des gens font de la sorcellerie « vulgaire » en pensant avoir fait le tour du sujet, mais ils ne voient que la face visible de iceberg. La relation avec ce guide blanc se créé de la même façon qu’avec le guide noir, sans que je le cherche, bien souvent à travers des expériences spontanées. Il intervient également pas mal pendant que je fais du reiki. Il est « intervenu » de façon assez forte jeudi soir alors que je donnais un traitement, et m’a donné pas mal de conseils hier soir pendant que je faisais un auto traitement, sur comment devenir encore plus « vaporeux », alors cela m’a donné envie de faire cet article.

mercredi 15 février 2006

Les trois degrés initiatiques et l'utilisation des plantes

On retrouve dans de nombreuses traditions, sorcières ou non sorcières, trois degrés d’initiation. On retrouve également ces trois degrés dans l’alchimie à travers les trois phases du grand œuvre. L’œuvre ou noir, ou nigredo, suivie de l’oeuvre au blanc ou albedo, et enfin l’ouvre au rouge ou rubedo, qui conduit au grand œuvre. Parfois ces trois degrés ont été subdivisés en une multitude. Généralement il s’agit plus d’une hiérarchie que le témoignage d’une progression initiatique réelle. La plupart des personnes dans ce type de traditions ne prennent absolument pas une voie mystique, mais restent des bricoleurs magiques, toute leur vie en pensant avoir trouvé toute l’étendue de la spiritualité, et restent au stade de la nigredo. L’initiation est juste l’acceptation dans la communauté, et les élévations aux degrés supérieurs des montés en grade. Pourtant, à l’origine cette échelle ne mesure rien qui ne puisse être tourné à la sauce égotique. Cela marque juste un niveau de guérison, d’acceptation de soi, de la vie, d’ouverture et de libération.

Au stade de la nigredo, stade dans lequel on reste toute sa vie tant que l’on n’a pas une véritable vie spirituelle, on fonctionne beaucoup à la projection. Quand il nous arrive quelque chose de mauvais, au lieu de se demander pourquoi on est affecté, qu’est ce qui ne va pas en nous, qui nous rend vulnérable et que l’on pourrait guérir, pourquoi la vie à mis cette expérience sur nos pas, on cherche une raison à l’extérieur. Parfois il y a effectivement quelqu’un qui a déclanché cet effet en nous, parfois non. Dans les deux cas le fait de se placer en victime ne nous fait guère avancer vers la guérison, au contraire cette attitude cultive le négatif. C’est pour cela qu’il est très inconfortable de s’engager à moitié sur une voie spirituelle.

Le fait de s’ouvrir fait que l’on devient beaucoup plus sensible que la moyenne. Et si on n’arrive pas bien vite à trouver le moyen de gérer cette sensibilité, cela tourne au cauchemar. L’échec des traditions de type wicca réside à mon avis là-dedans. On perd de vue le but de guérison et de libération, et on le remplace par un chemin hiérarchique. Je ne dis pas que l’idée de guérison est absente de la wicca, mais elle n’est pas assez prédominante. Elle n’a pas la place qu’elle devrait avoir dans toute spiritualité. C’est bien souvent trouver le divin pour trouver le divin.

Pour sortir de la nigredo et arriver à l’albedo, il faut vivre une descente aux enfers, aller jusqu'au bout de son ombre, de sa folie. Mais il ne suffit pas de toucher le fond, il faut également assimiler correctement l’expérience, sinon ce n’est qu’un traumatisme inutile. Bien entendu, cette transition ne se fait pas en un jour. Il faut comprendre et surtout assimiler, que cette folie est inhérente à la vie. Que c’est elle qui nous anime. Et que plus on la connaît et plus on l’accepte, moins elle se manifeste sous forme de mauvaise folie. Quand on l’apprivoise, elle devient une source de créativité infinie. C’est le but du chemin mystique.

Je pense que cette rude épreuve est le but recherché dans bon nombre de rites de passage vers l’age de 15 ans dans les sociétés dites « primitives ». C’est cette expérience qui permet d’accéder à la maturité spirituelle. Il n’y a aucune gloire à vivre ce genre d’expérience en occident, il y a juste à déplorer que cela ai disparu de notre société, et qu’il faille ramer pour y arriver. Que dans le meilleur des cas, on vit cela de façon tardive et solitaire, alors que cette expérience devrait être déclanchée lors de l’adolescence, et que toute une communauté devrait être là pour nous soutenir. Cette expérience est par exemple un passage obligé dans l’expérience de l’ayahuasca. Dans toutes les sociétés basées sur l’ayahuaca, chacun sait qu’il y a « cela » en chaque être.

Lors de la nigredo on cherche toujours la source de nos problèmes à l’extérieur, parce que « l’enfer c’est les autres ». Pendant l’albedo, il faut apprendre à fonctionner à l’envers et trouver ce qui ne va pas en nous. Bien entendu, lorsqu’on a assimilé suffisamment que l’enfer c’était nous, on se rend compte que c’est avant que l’on fonctionnait à l’envers. On se rend compte que chaque fois que l’on subit une agression, réelle ou imaginaire, au lieu d’envoyer bouler l’agresseur, si on se recentre sur soi, on trouve toujours quelque chose à changer en soi pour aller mieux. On se rend compte que cette attitude limite la négativité et rend bien plus heureux que de se placer en victime. Pourtant il faut des mois et des mois pour trouver ce mode de fonctionnement naturel.

Le but de la rubedo est de faire entrer le transpersonnel dans sa vie. Quand j’emploi le mot transpersonnel, je fait référence à Jung qui a introduit le mot « uberpersonlich » dans sa description de la psyché humaine. Pour accéder à cela, il faut aller jusqu’au bout de sa folie comme pour l’expérience précédente, mais dépasser ses peurs et de voir la réalité au delà de cette folie. Communier avec le chaos primordial, voir la réalité sans masques, en décoder le fonctionnement. Expérimenter la mort totale de l’ego. Comprendre que autant nos bonheurs que nos malheurs sont finalement ni les autres, ni nous-même, mais juste des forces universelles qui sont derrière chaque chose, en chacun de nous, et que chacun à notre manière nous nous les approprions, nous en faisons quelque chose de personnel. Derrière chaque instant de bonheur, il y a l’envie de s’approcher de cette réalité sans masque, l’amour universel. De la même façon, derrière chaque malheur, il y a la peur de cette même réalité sans masque, la peur universelle. Ces deux forces sont au delà même de la pulsion de vie de la pulsion de mort. La vie est lié à l’ego, et l’expérience de mort de l’ego est au delà de la vie et de la mort. C’est de l’individualisation qui est faite du flux et du reflux de ses deux énergies que naît chaque chose.

La encore il n’y a aucune gloire à expérimenter la mort de l’ego et à découvrir le transpersonnel. Pour rependre l’exemple des cultures basées sur l’ayahuasca, l’état de mort d’ego et de perception de cette réalité sans masques est ce que recherchent les chamanes quand ils prennent de l’ayahuasca pendant plusieurs jours successifs, seul dans la jungle. Et cela, ils ne le font pas pour être au dessus des autres, ni pour trouver le divin. Ils le font parce qu’ils en ont la possibilité, pour se soigner, et pouvoir ensuite aider leur communauté. On est bien loin de cela dans un monde ou les personnes qui se prétendent sorciers ou sorcières sont généralement les premiers inquisiteurs. Pour la plupart ils ne sont jamais sortis du puritanisme chrétien et restent dans la peur des plantes, et au fond, la peur de la nature. Si une plante produit des neurotransmetteurs alors quelle n’a pas de système nerveux, c’est peut être qu’il y a une volonté de coopération !

Je ne dis pas que l’utilisation des plantes est nécessaire dans le chemin mystique, mais les rares personnes que j’ai pu croiser qui parcourraient ce chemin ont presque toutes avancé grâce à cela. Inversement, ce n’est pas parce qu’on utilise des plantes qu’on avance sur le chemin mystique. J’ai aussi croisé des gens qui n’étaient que consommateurs, et se détruisaient au lieu de se construire. En aucun cas je ne conseille ce genre d’expériences qui sont dangereuses, surtout dans notre culture ou elles sont devenues étrangères. Mais elles sont au cœur de la sorcellerie et il ne faut pas tout mélanger, bricolage magique, magie cérémonielle plus ou moins déguisée, et sorcellerie. Il existe des tas d’autres spiritualités qui fonctionnent sans plantes. Pour exemple j’ai vécu à travers l’initiation au reiki ce qu’aucune plante ne m’avait donné.

samedi 4 février 2006

Etre créatif

J'ai été assez étonné des échos que j'ai pu avoir au sujet de mon billet sur la wicca en tant que sorcellerie chrétienne. Surtout que je me serais plutôt attendu à avoir des échos négatifs et que ce n'était pas le cas. Je ne suis pas spécialement fier de ce billet pour plusieurs raisons, pourtant il succite pas mal d'intérêt on dirait... Déjà au départ je cherche à partager des pratiques. Je vois l'ésotérisme pratique et l'intellectualisation de l'ésotérisme comme deux axes qui se croisent, et trop de gens restent bloqués sur l'intersection des deux en pensant que c'est ça l'ésotérisme. Et plus on se livre à l'intellectualisation, plus on passe à coté de la pratique. Même si je partage ici certaines conceptions, ça ne reste que des mots est c'est plus souvent un piège qu'autre chose. C'est pour cela que les articles de "réflexion" présentent moins d'intérêt à mes yeux. Ensuite ce ne sont pas exactement des articles que j'ai écrit suite à une réflexion, mais plutôt une intellectualisation d'expériences. Voir cela comme des articles de réflexions pourquoi pas, mais c'est à mon avis partir dans la mauvaise direction. Enfin je ne me fait pas trop de bile, pour reprendre Flaubert "La parole humaine est comme un chaudron fêlé où nous battons des mélodies à faire danser les ours quand on voudrait attendrir les étoiles". Dans ce cas précis ça me travaillait depuis quelques temps, j'arrivais à le communiquer verbalement normalement, mais je bloquais pour l'écrire alors que j'en ressentais le besoin. Et en l'écrivant je ressentais comme un malaise, je faisais tout pour rendre cet article positif, mais je n'y arrivais pas complètement. En même temps le fait de l'écrire m'a libéré de ce besoin de sortir cela. Et puis le fait que certaines personnes, surtout celle qui me sont le plus étrangères, aient de l'intérêt pour ce billet à fait renaître le malaise. Rien de bien méchant en même temps, mais c'est un peu comme si on analysait le caca que j'avais eu besoin d'expulser, et que l'on trouvait ça trop génial...

Hier soir je me suis demandé comment transformer cela en quelque chose de positif. Je crois que c'est lié au fait que je reprenne Ingerman, le mécanisme c'est tout de suite déclenché. Sans faire de voyage, la réponse c'est imposée d'elle même. Plutôt que de regarder ce qui existe et qui est bancal, il faut créer quelque chose de moins bancal. C'est comme si mon esprit avait doublé de volume. C'est la troisième fois de ma vie que je ressent cela à ce point, la première fois c'était suite à une expérience avec les plantes, la deuxième lors de mon initiation reiki, hier c'était spontané. Je ne me suis jamais senti chamane, et si c'était le cas, ça serait un peu grave, je ne suis pas dans le monde pour. Le jour ou je me suis senti sorcier j'ai vraiment eu l'impression de me trouver, mais malheureusement, tout les gens qui ont fait des choses pour le "renouveau" de la sorcellerie n'ont fait que travestir la magie cérémonielle, elle même basée sur la kabbale chrétienne, elle même basée sur la kabbale juive, ... mais ont à mon sens rien fait renaître du tout, ils ont juste déplacé la poussière. C'était un peu le sens de mon article précédant. Le tantra est ce qui correspondrait le mieux à ce que je vois comme de la sorcellerie (je ne parle pas de la vision occidentale du tantra) mais c'est tellement éloigné de ma culture, je crois que je n'en saisirais jamais plus de 10% de l'esprit. Le reiki c'est la pierre qui manquait à mon édifice, mais ce n'est qu'une pierre pour moi, et même s'il s'agit d'une pierre importante, ce n'est pas l'édifice. Même si c'est une spiritualité basée sur le bouddhisme tendai qui est basé sur le sutra du lotus, dans lequel je retrouve pas mal d'éléments de ma conception du monde, ça manque de couleurs. J'ai besoin de plus de richesse, plus de symbolique.

En résumé, le chamanisme c'est bien, mais j'ai la sensation que c'est la spiritualité mourante de ce monde. Elle est importante parce qu'elle donne la graine qui manque dans toutes les "néo-sorcelleries". Mais j'ai l'impression qu'une part de son esprit nous échappera toujours, que le monde a trop changé et qu'il faut passer à la suite. C'est justement ce qui Ingerman fait, mais la pratique qu'elle décrit est trop basée sur le tambour, et aussi trop absolue à mon goût. Ca manque de sexe, de plantes, d'imposition des mains. On retrouve les sexe et les plantes dans le tantra, et l'imposition des mains dans le reiki, Mais comme William Blake, c'est ici et maintenant que je veux construire mon Jerusalem. Je ne suis pas en quête d'exotisme. J'ai l'impression que c'est le moment de planter ma graine. Sans aucune prétention. Je ne veux pas faire un jardin ni une forêt, je veux juste planter ma graine. Le solve et les fumés noires qui s'en dégagent, ça va un temps, mais un jour il faut passer au coagula ;-) Je veux continuer ce blog sous cette forme, parce qu'il exprime tout le bordel de mon être et de ma pratique spirituelle qui explore tout ce qu'elle peut explorer. Mais à coté j'ai envie de construire quelque chose de plus ordonné, de plus cohérent, de plus personnel. J'ai aussi envie, chose que je ne fais pas sur ce blog, de partager toutes les voies sans issues que j'ai pu emprunter. Parce que bon nombre d'entre elles m'ont aidé à avancer et m'ont apporté du bonheur. Je pense qu'elles sont à mon sens nécessaires à un moment ou a un autre sur le chemin spirituel. J'arrive assez bien à me représenter la progression initiatique de façon alchimique, et pour moi on ne réalise pas le grand oeuvre en transformant le plomb en or, mais en trouvant l'équilibre nécessaire qui permet de réaliser un alliage entre les sept métaux.

Je ne sais pas pourquoi mais aujourd'hui, alors que je parle d'être créatif et de créer quelque chose de personnel, j'ai plein de citations qui me viennent, cette fois je pense à Montaigne qui dit "Les abeilles pillottent deçà delà les fleurs, mais elles en font après le miel, qui est tout leur ; ce n’est plus thym ni marjolaine." Et aussi à l'évangile de Thomas parce que tout n'est pas à jeter dans le christianisme "Ce que tu entendras de ton oreille, et de l'autre oreille, proclame-le sur vos toits ! Car personne n'allume une lampe et ne la met sous le boisseau ou ne la met dans un endroit caché : mais il la place sur le candélabre afin que tous ceux qui entrent et sortent voient sa lumière"

mardi 24 janvier 2006

Wicca et initiation

J’ai longtemps eu du mal à envisager l’initiation humaine déclenchée, à la demande, par un rituel. L’initiation rituelle dans la wicca ou la « sorcellerie traditionnelle » est un belle expérience, mais le coté initiatique m’a toujours échappé. J’avais vécu des initiations par les plantes, par des entités, par des personnes également, mais en général accidentellement, la personne ne l’ayant pas cherché, et n’ayant même pas conscience de ce qu’elle avait déclenché. Bien sur l’initiation rituelle est une expérience forte, bien sur elle remue des choses avant, pendant et après l’expérience. Mais les choses remuées tiennent plus de la cogitation personnelle, intensifiée par l’idée de l’initiation, que de la transmission initiatique.

De toutes les expériences que j’ai pu vivre, que ce soit en « recevant » ou en « donnant » une initiation wiccane/sorcière, la force de l’expérience est plutôt comparable selon mon ressenti, à la dynamique de groupe que la transmission initiatique. Je ressent d’ailleurs l’expérience de la même façon en « donnant » qu’en « recevant ». Et de toutes les personnes que j’ai pu croiser qui glorifient l’initiation, je n’ai jamais senti l’écho de la transmission initiatique dans leur discours. Il s’agit le plus souvent d’un moyen comme un autre de se montrer, de se sentir différent, de se rendre intéressant, de cacher un vide dans sa pratique spirituelle.

J’ai également longtemps eu du mal à comprendre le fonctionnement de la transmission initiatique d’un savoir ésotérique qui échappe à la personne qui le possède et le transmet. Par exemple le « don du feu » qui se transmet encore dans les campagnes. Des personnes sans pratiques spirituelles, sans sensibilité particulière, ont une capacité de guérison qui leur échappe et la capacité de la transmettre.

L’initiation au reiki a pas mal chamboulé mes convictions et répondu à mes questions. Je n’ai jamais vécu une telle expansion de conscience et d’énergie. Bien sur il n’y a pas de miracles et il faut pratiquer un maximum pour retrouver et conserver cet état. Mais jamais ni plantes ni entités ne m’avaient donné un tel élan. Moi qui avais toujours cru que l’histoire du canal reiki qui s’ouvre pour la vie était un argument commercial, je me suis retrouvé avec l’infini à porté de main, du jour au lendemain. Il faut cependant ce donner la peine de le cueillir.

J’ai « vu » ce qu’il manquait aux rituels d’initiation dans la wicca ou la « sorcellerie traditionnelle ». J’ai « vu » qu’indépendamment de la capacité ou de la bonne volonté des gens, cette transmission initiatique ne pouvait pas exister dans un tel rituel. J’ai également « vu » comment fonctionnait la transmission des « dons » type « don du feu ». Malheureusement, je n’ai fait que voir, je n’ai absolument pas la capacité de créer un tel rituel. Gerald Gardner et assimilés n’avaient pas cette capacité non plus cela dit ;-)

Mais maintenant je sais que c’est possible.

mercredi 11 janvier 2006

L’usage des plantes en sorcellerie

Dans l’esprit de la plupart des gens, et il faut bien reconnaître qu’il existe toute une littérature qui entretient ce mythe, les sorcières utilisaient des onguents à base de solanacées toxiques (belladone, mandragore, datura, morelle, jusquiame, etc.) pour aller au sabbat. Ceci en soit n’est pas complètement faux, mais ce n’est pas aussi simple de cela. On pourrait croire qu’il suffit de se badigeonner d’onguent, d’attendre l’effet psycho actif des plantes qu’il contient, et de se retrouver au sabbat. Je pense qu’en croyant cela, on commet deux erreurs. Les solanacées n’étaient pas utilisées à des doses véritablement psycho actives, et ce n’est pas elles qui étaient le moyen principal pour induire la transe.

Je m’explique.

Déjà les recettes d’onguents que l’on trouve un peu partout dans les livres n’ont rien d’authentique. Elles contiennent souvent des plantes du style datura qui n’existaient pas à l’époque médiévale en Europe. Ce sont probablement des inventions récentes des occultistes de XIXe siècle. Je doute fort que les auteurs de telles formules aient eu une quelconque expérience avec les plantes. Ils auraient été un peu moins dans l’intellect, le mystère et la superstition. Je suis absolument persuadé qu’ils n’ont jamais testé leurs recettes. Et les personnes qui entretiennent ce genre de mythes encore aujourd’hui, en plus d’être des mythomanes, sont des criminels.

J’ai vécu plusieurs expériences avec des solanacées à des doses psycho actives. Dans tous les cas, au plus fort de l’expérience, il ne reste qu’une sorte de trou noir, un peu comme après une grosse cuite, ou l’on a fait des choses dont on ne se rappelle pas. Dans tous les rapports d’expérience que j’ai pu lire on trouve la même chose. Et toutes les personnes qui ont tenté ce genre d’expériences m’ont rapporté la même chose, même lorsqu’il s’agissait de personne très douée pour l’usage des plantes de connaissances. De plus toutes ne recommandent pas se genre d’expériences. Beaucoup ont vécu des expériences difficiles ou des intoxications. Personnellement je n’ai rien vécu de tout cela, et pourtant je ne le conseille pas non plus !

Par contre, d’après ces mêmes personnes, et d’après ma propre expérience, ces plantes peuvent être utilisées à des doses très faibles, sans quelles soient les maîtresses de la transe, mais juste pour colorer un peu une expérience, lui donner une profondeur ou une richesse particulière. Bien entendu ces plantes restent dangereuses, et il ne faut surtout pas tenter ce genre d’expériences sans une très bonne connaissance des solanacées. D’autant que si l’on n’a pas une bonne expérience de la transe sans plantes, cela ne sert à rien.

Par contre on peut tout à fait atteindre les expériences habituellement décrite en combinant un usage léger des ces plantes avec par exemple un rituel, des percussions, une relation sexuelle sacrée, ... A vrai dire on peut également y arriver sans plantes, mais avec c’est plus particulier. En bref, ne jouez pas aux apprentis sorciers, ces plantes n’ont aucun intérêt lorsque l’on débute. Elles ne vous feront avancer plus facilement. Elles ne provoqueront pas de jolies expériences clef en main sans que vous vous en soyez donné la peine.

mardi 1 novembre 2005

Plantes de connaissances et droits de l'homme

Le lien entre plantes et spiritualité n'est plus à démontrer. Même si certains néo-païens en quête de reconnaissance sociale essayent de se persuader du contraire. Dans le chamanisme ce lien est plus qu'évident. De nombreux chercheurs et praticiens pensent même que se sont les plantes qui ont inspiré l'homme et qui sont à l'origine de la spiritualité, au travers du chamanisme, puis de la religion. Dans le chamanisme, sauf dans quelques formes tardives assez perverties ou les tabous sont plus nombreux que les pratiques, l'usage des plantes est quelque chose de très général. Dans les religions anciennes, c'est souvent plus caché, du moins dans l'étude que l'on en fait aujourd'hui. Mais il n'y a pas besoin de gratter beaucoup pour faire émerger le soma védique, la pythie intoxiquée, et les cultes dyonisiaques hallucinés. Le monothéisme n'est pas non plus exempt de ce genre de pratiques. Dans l'exode, Yahvé donne une recette d'huile à Moïse à base de kaneh bosm (cannabis en hébreu, traduit en français par "roseau parfumé").

Bien entendu, obscurantisme chrétien qui a plané pendant de nombreux siècle sur l'Europe n'a pas jugé bon de diffuser ce genre d'informations. En Europe, les premiers écrits faisant allusions au cannabis n'ayant pas fini en fumé sont ceux de Paracelse, et d'une façon imagée ceux de Rabelais (le Pantagruelion). Le vocabulaire que l'on utilise encore aujourd'hui est lui même obscurantiste. Le mot "hallucinogène" laisse croire que ces plantes nous emmènent dans l'illusion et l'artifice. Il n'existe pourtant pas de meilleur sérum de vérité. Bien entendu ces plantes provoquent des visions. Mais surtout elles ouvrent l'esprit. On peut toujours chercher à se mentir ensuite, mais contrairement à ce que notre vocabulaire pourrait nous faire croire, ces plantes ne sont pas une bonne aide. Dans notre vocabulaire, on place également les plantes hallucinogènes au rang de drogues, alors que non seulement elles ne provoquent pas de dépendances, elles permettent de soigner les dépendances aux véritables drogues, et bon nombre d'entre elles n'ont aucune toxicité.

Que l'usage récréatif de ce genre de plantes soit interdit, je le comprend tout à fait. Hors du contexte spirituel, ces substances peuvent être dangereuses pour l'esprit. Je trouve cela beaucoup plus dérangeant que leur usage spirituel soit interdit. Ceci est d'ailleurs contraire aux droits de l'homme :

Article 18

Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu'en privé, par l'enseignement, les pratiques, le culte et l'accomplissement des rites.

On trouve des cas, par exemple au Mexique, ou les hallucinogènes sont interdits par la loi, mais parfaitement tolérés dans un cadre rituel. Ceci est tout à fait conforme aux droits de l'homme. Par contre, la situation en France laisse à désirer pour ce qui est du respect de cet article des droits de l'homme. Sans parler des lois de plus en plus extrémistes sur la laïcité, le principe même de séparation de l'église et de l'état créé un vide juridique en matière de sectes. Tout groupe spirituel ne respectant pas la loi peut être considéré comme sectaire. Quand il s'agit de manipulation mentale ou d'escroqueries en tout genre, c'est normal, Par contre pour ce qui est de l'usage des plantes, dont l'usage est pourtant une chose universelle dans la spiritualité, c'est une véritable atteinte à la liberté de religion.