Le blog d'Artus, wicca, sorcellerie, chamanisme

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Tag - synchronicité

Fil des billets - Fil des commentaires

lundi, février 27 2006

Le code de conduite

Comme je l'ai dit plus haut, je conçoit la sorcellerie comme une spiritualité sans dogmes ni règles établies. Dans cette discipline, aucune idée n'a d'intérêt si l'on ne l'a pas profondément éprouvée soit même. D'ailleurs, en dehors des articles purement pratiques, tout ce que je raconte ici est plus ou moins du vent. Tout cela est ma vision, mon vécu, utile pour moi, et j'espère que cela peut être utile pour d'autres, mais je ne me leurre pas, je sais bien que tout article pouvant être vu uniquement sur le mode de l'intellectualisation est plus souvent un frein qu'autre chose. Pour éviter cela, je m'étais au départ surtout concentré sur des articles uniquement pratiques, mais depuis, je pense qu'il faut trouver un équilibre.

Je pense, malgré cette totale liberté en sorcellerie, qu'il faut rapidement avoir à l'esprit, la nécessité d'établir son propre code de conduite, en étant le plus ouvert possible à chaque expérience, et en tirant les leçons nécessaires. Bon nombre de sorciers et sorcières, même après des années de pratique, ne sont pas capable de faire autre chose que se vautrer dans leur crasse et d'en blâmer les autres, sous prétexte de liberté. Pourtant ce n'est pas vraiment cela la liberté.

Voici quelques exemples de ce que j'entend pas code de conduite. Je vais commencer par les accords toltèques. En précisant que même si c'est une vision intéressante, il s'agit d'une invention new age post castanédienne, qui n'a rien de toltèque. Contrairement à ce qu'il est dit dans ce mythe, les Toltèques n'était pas une caste de "mages" indépendante des ethnies, et les chamanes Huichols n'ont rien de toltèque ! Toltèque signifie "maîtres bâtisseurs", et il s'agissait d'un peuple qui a été absorbé par les Mayas au XIIe siècle. On voit d'ailleurs dans certaines cités le mélange architectural et religieux de ces deux civilisations.

Que votre parole soit impeccable
Parlez avec intégrité, ne dites que ce que vous pensez. N'utilisez pas la parole contre vous-même, ni pour médire sur autrui.

Ne réagissez à rien de façon personnelle
Ce que les autres disent et font n'est qu'une projection de leur propre réalité, de leur rêve. Lorsque vous êtes immunisé contre cela, vous n'êtes plus victime de souffrances inutiles.

Ne faites aucune supposition
Ayez le courage de poser des questions et d'exprimer vos vrais désirs. Communiquez clairement avec les autres pour éviter tristesse, malentendus et drames. A lui seul cet accord peut transformer votre vie.

Faites toujours de votre mieux
Votre mieux change d'instant en instant, quelle que soient les circonstances, faites simplement de votre mieux et vous éviterez de vous juger, de vous culpabiliser et d'avoir des regrets.

Voici également les idéaux du reiki. Il existe diverses traductions, celle-ci est celle qui m'a été donnée lors de mon initiation. Ce qui me plais particulièrement dans cette traduction, c'est la coté "idéaux", et non "préceptes", ou "principes" (ou même "codes" que j'utilise pourtant dans cet article). Un idéal est quelque chose que l'on cherche à atteindre, sans jamais pouvoir toucher, car la perfection n'existe pas. Je trouve que cette façon de présenter les choses est très humaine.

Juste pour aujourd'hui, Je me libère de toute préoccupation !

Juste pour aujourd'hui, Je me libère de toute colère !

Juste pour aujourd'hui, Je rends grâce pour mes nombreuses bénédictions, J'honore mes parents, mes professeurs et mes aïeux !

Juste pour aujourd'hui, Je vis ma vie honnêtement !

Juste pour aujourd'hui, Je respecte la vie autour de moi sous toute forme !

Tout cela peut sembler contraignant, surtout si on l'applique sans l'avoir assimilé. Même lorsqu'on l'a assimilé, cela peut sembler pas très naturel. Et pourtant ce genre de choses mises en pratique conduisent à une vraie libération, bien plus que les pratiques permettant de réaliser sa volonté. Je tenais à préciser cela autant que possible, avant d'attaquer la descriptions des pratiques que je considère comme "de main gauche" qui sont pour moi un bon moyen de se débrouiller quand on débute, le temps de dépasser certaines choses, mais pas une fin en soi. C'est pourtant le piège dans lequel tombent bon nombre de personnes pratiquants la sorcellerie. Même si tout cela vous parait débile, c'est peut être juste un manque de maturité spirituelle (ceci est indépendant de l'âge!), malgré tout, je pense qu'il est important de garder tout cela à l'esprit pour ne pas se perdre en chemin.

Mon code de conduite, issu de mon expérience, est principalement basé sur la projection et la syncronicité.

Projection
Si je ressent quelque chose de mauvais, ce n'est pas uniquement parce qu'on m'a fait du mal, c'est aussi parce que j'ai un écho en moi pour faire pénétrer ce malaise, quelque chose de malade à regarder et à guérir. Me placer en victime ne pourra qu'engendrer plus de malaise et ne me fera pas avancer dans ma vie.

Synchronicité
Si quelque chose m'arrive, aussi mauvaise soit cette chose, c'est que j'ai quelque chose à en tirer. Si je ne cherche pas en moi, si je blâme les autres et que je fuis la situation, je serais condamné à revivre cette chose de plus en plus fort.

Bien entendu, j'utilise autant que possible tous les codes de conduite qui me parlent, qui illustrent mon vécu.

mardi, février 21 2006

Le guide noir et le guide blanc

Ce que je vais exposer peut paraître un peu cliché, mais bizarrement, cela me semble assez important. J’ai rencontré au cours de l’été 2004 un guide un peu particulier. Sans le chercher, sans voyager au tambour, de façon très spontanée. Et même si je n’ai jamais cherché à entretenir un relation particulière avec ce guide, il y eu un grande importance dans ma vie, et m’a bien plus enseigné et aidé que tous mes autres « alliés de tambour ». Je pense que ce personnage était ce que certain appèlent le frère de l’ombre (ou la sœur de l’ombre), mon double sorcier dans l’autre monde.

Au cours de l’été 2005, je me suis pas mal intéressé au tantra, non pas sous ses formes occidentales édulcorées, mais sous sa forme traditionnelle (je devrais utiliser le pluriel car il existe une multitude de formes traditionnelles). Le tantra est pour moi un exemple de véritable sorcellerie traditionnelle moderne telle que je le conçois. Cette discipline spirituelle n’est pas dédiée à une élite de prêtres mais est accessible aux autres castes, elle n’hésite pas à recourir à des moyens que beaucoup d’autres disciplines considèreraient comme « violents », c’est une spiritualité de l’ivresse, le sexe et les plantes y sont très souvent utilisés, ce qui n’empêche pas d’avoir une palette complète d’autres techniques très efficaces. Cette discipline est moderne, créée à partir de l’hindouisme orthodoxe il y a environ mille ans (comme on retrouve certains tabous du tao du sexe dans le tantra, on peut se dire qu’il y a également un inspiration chinoise dans le tantra).

Durant cette période, j’ai surtout utilisé des mantras et pratiqué la purification des nadis. J’ai pas mal assimilé le rôle de Shiva en tant que destructeur de l’ignorance, inventeur du yoga, le guru des gurus. J’ai aussi eu quelques petites expériences avec Shakti/Kundalini. J’ai eu la sensation de franchir une étape, de devenir moins « lourd », moins « collant », d’un point de vue spirituel. Pour reprendre un vocabulaire, new age, je pense que c’est une histoire de « taux vibratoire ». J’ai senti ce passage se confirmer quelques mois plus tard quand j’ai décidé de me faire initier au reiki, puis lors de l’initiation proprement dite. Tout cela m’a complètement détaché de ce guide noir, et j’ai rencontré un guide blanc assez rapidement, un frère de la lumière ?

Déjà depuis l’été denier, mais encore plus fortement depuis cette rencontre, j’ai l’impression d’être entré dans une autre sphère de la sorcellerie plus lumineuse. J’ai l’impression que la plupart des gens font de la sorcellerie « vulgaire » en pensant avoir fait le tour du sujet, mais ils ne voient que la face visible de iceberg. La relation avec ce guide blanc se créé de la même façon qu’avec le guide noir, sans que je le cherche, bien souvent à travers des expériences spontanées. Il intervient également pas mal pendant que je fais du reiki. Il est « intervenu » de façon assez forte jeudi soir alors que je donnais un traitement, et m’a donné pas mal de conseils hier soir pendant que je faisais un auto traitement, sur comment devenir encore plus « vaporeux », alors cela m’a donné envie de faire cet article.

lundi, novembre 14 2005

Synchronicité et œuvre au blanc

Jung a introduit dans ses travaux le principe de synchronicité pour combler le manque quand il observait un lien entre deux événements et que le principe de causalité ne suffisait pas à expliquer certaines choses. Dans la causalité, deux événements distincts sont liés par un rapport de cause à effet. Dans la synchronicité, il y a juste une sorte de hasard qui fait bien les choses. C’est un concept souvent assez mal compris, pour éviter d’éventuels problèmes de compréhension, j’ai choisi quelques citations de Jung qui clarifient ce qu’est pour lui la synchronicité.

Voici comment Jung définissait la synchronicité :

Il est sans doute opportun d'attirer l'attention sur un contresens éventuel que le terme de synchronicité pourrait susciter. Je l'ai choisi parce que la simultanéité de deux événements reliés par le sens et non par la causalité m'apparaissent comme un critère essentiel. J'emploie donc ici le concept général de synchronicité dans le sens particulier de coïncidence temporelle de deux ou plusieurs événements sans lien causal et chargés d'un sens identique ou analogue; ceci par opposition au « synchronisme », qui ne désigne que la simple simultanéité des événements.

Voici un exemple donné par Jung :

Je citerai, simplement à titre d'exemple, un cas que j'ai observé. Dans un moment décisif de son traitement, une patiente eut un rêve où elle recevait en cadeau un scarabée d'or. Tandis qu'elle me racontait son rêve, j'étais assis le dos tourné à la fenêtre fermée. Soudain, j'entendis derrière moi un bruit, comme si quelque chose frappait légèrement à la fenêtre. Me retournant, je vis qu'un insecte volant à l'extérieur heurtait la vitre. J'ouvris la fenêtre et attrapai l'insecte en vol. Il offrait avec un scarabée d'or l'analogie la plus proche qu'il soit possible de trouver sous nos latitudes : c'était un scarabéidé de la famille des lamellicornes, hôte ordinaire des rosiers : une cétoine dorée, qui s'était apparemment sentie poussée, à l'encontre de ses habitudes normales, à pénétrer juste à cet instant dans une pièce obscure.

Je vois deux aspects dans la synchronicité. Le « bon » et le « mauvais ». Je vais commencer par le mauvais. Souvent la vie nous met face à des événements qui nous semblent injustifiés, et qui le sont d’un point de vue « causalité ». Souvent ces événements se répètent. Souvent on blâme les autres, ou alors on parle de destin, de malchance, de vies antérieures et de karma. Tout cela est une forme de projection. Une façon de dire, « ce n’est pas ma faute, le problème est extérieur ». Mais pourtant, toute la vie est intérieure. Si quelque chose arrive à nous atteindre, c’est que cette chose trouve l’écho en nous. Ce que l’on voit comme un problème extérieur n’est que le reflet de nous même. Un enseignement que la vie a mis sur notre chemin pour nous aider à voir, car même si la vie est une expérience intérieure, l’extérieur nous aide sacrément à l’appréhender. Tant que l’on ne voudra pas voir que le problème est en nous et qu’on le considèrera comme extérieur, la vie fera en sorte qu’il se répète, quelque soit nos choix, et au delà de toute causalité. C’est ce mécanisme que je qualifie de « mauvaise synchronicité ».

Un exemple classique, le couple. Bon nombre de personnes tombent sans arrêt sur « la mauvaise personne », la quitte, et dans la plupart des cas revivent un enfer bien pire avec quelqu’un d’autre. La seule solution pour mettre fin à ce cycle est de regarder en soi, et de voir ce que ces situations peuvent nous apprendre sur nous même. Je pense que ce que les alchimistes appellent l’œuvre au blanc correspond au dépassement de la projection (autant que possible), et au désamorçage de ces cercles vicieux de la « mauvaise synchronicité », qui bien entendu n’est pas si mauvaise quand on sait la décoder et en tirer des enseignements.

Pour ce qui est de la bonne synchronicité, il s’agit de ces « coïncidences » qui égayent la vie. A certains moments particuliers, elles peuvent se succéder à une allure incroyable. Cela correspond au hasard objectif d’André Breton qui permet l’invasion du merveilleux dans le quotidien. La magie, permet de manière ponctuelle de créer ce genre de synchronicité. La voie mystique est pour moi un moyen plus permanant, plus mature, d’intégrer ce merveilleux dans le vie de tous les jours. C’est en cela que la magie est dangereuse. Si l’on veut accéder à la bonne synchronicité alors que l’on n’a pas compris la mauvaise, l’univers risque de ne pas être d’accord, et de nous le faire savoir. Et c’est pour cela que la voie mystique me semble une approche plus mature. Au lieu de chercher à changer le monde autour de soi, on le change en soi, activement, et on attend de voir, quel reflet nous donne l’univers, qu’elle synchronicité se place sur notre chemin. C’est beaucoup plus fort que l’approche magique ou l’on cherche à réaliser sa volonté. On obtient beaucoup plus ainsi. On arrive à des choses que notre volonté n’imaginerait même pas et qui nous rendent infiniment plus heureux.