Le blog d'Artus, wicca, sorcellerie, chamanisme

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vendredi, février 1 2008

Les huit sentiers de la wicca

Toute pratique magique basée uniquement sur des symboles passifs purs aura un résultat aléatoire voir inexistant (cf. théorie sur les symboles actifs et passifs). En effet rien n'assure que le lien sera fait entre les symboles passifs inertes et les symboles actifs de notre imaginaire. Pour rendre une pratique magique véritablement efficace, il faut utiliser des techniques au symbolisme mixte, c'est à dire ayant un effet physiologique en plus de leur symbolisme passif. C'est le sujet des huit sentiers de la wicca, concept introduit dans le livre des ombres en 1953, revu en 1957. Ces huit sentiers sont, selon Gerald Gardner :

  1. la méditation ou concentration
  2. les états de transe, la projection astrale
  3. les drogues, le vin, l'encens
  4. la danse, la réalisation de rituels avec un but
  5. les chants, les incantations
  6. le contrôle du sang (les cordes) et de la respiration
  7. le fouet
  8. le grand rite (la sexualité magique)

La concentration n'a pas d'effet physiologique en elle-même, mais pour atteindre un bon niveau de concentration, il faut utiliser des méthodes qui ont un effet physiologique. Bien entendu, il est fortement conseillé de combiner ces moyens. Dans la version de 1953, Gardner précise que l'intention est ce qu'il y a de plus important. Dans la version de 1957, il dit que la concentration est également essentielle. Au sujet des huit sentiers, Lady Sheba affirme également que l'intention et la concentration sont essentiels pour tous les travaux. Les huit sentiers sont à mon avis le moteur de la wicca et il sont souvent peu ou pas utilisés aujourd'hui (ou alors très mal).

Les huit sentiers de la wicca ont surement été inspirés des huit sentiers de Patanjali. Déjà la dénomination est la même, et ensuite on retrouve un certain nombre de points communs, la respiration (pranayama), la concentration (dharana), la méditation (dhyana) et l'idée de contrôle du sang que l'on retrouve dans les asanas. Par contre le parallèle s'arrête ici, autant les huit sentiers de la wicca sont juste une liste d'éléments sans organisation logique, autant les huit sentiers de Patanjali décrivent une pratique spirituelle structurée. Yama et niyama représentent des règles de morale, asana et pranayama des pratiques spirituelles. Ces quatre éléments sont des moyens pour atteindre une certaine sérénité. Pratyahara, dharana, dhyana et samadhi, sont des buts à atteindre, des états de conscience de plus en plus "élevés".

vendredi, janvier 25 2008

L'appel ancien

L'appel ancien est un bon exemple pour illustrer mon article sur les symboles passifs et actifs.

Bagahi laca bachahé,
Lamac cahi achabahé,
Karrelyos.

Lamac lamec bachalyos,
Cabahagi sabalyos,
Baryolas.

Lagozatha cabyolas,
Samahac et famyolas,
Harrahya.

Aucun initié à la wicca ne connait le sens véritable de ces mots pour la simple raison qu'aucun expert n'a jamais su décrypter ce texte. Pratiquement aucun ne connait l'origine de cette tirade. Pourtant ce passage est récité dans chaque rituel, sans en connaitre la raison, comme si les mots avaient un pouvoir intrinsèque.

La première apparition de ce texte date du XIII°s dans la pièce de Rutebeuf, Le miracle de Théophile. Salatin, l'un des personnages qui représente l'ennemi du christianisme, l'utilise pour appeler le diable. La supposition la plus vraisemblable est qu'il s'agit d'un langage inventé par Rutebeuf, en mélangeant des consonances hébraïques, grecques, et arabes.

Cependant, à partir du moment où l'on ne récite plus ce texte machinalement, mais on lui attribue une vertu particulière, on associe un symbolisme actif au symbole passif. Dans ces conditions, cette tirade peut tout à fait être utilisée efficacement pour un usage magique. Cet exemple illustre assez bien le "rien est vrai, tout est permis" des chaoticiens.

mardi, janvier 22 2008

La flamme de la wicca

Comme je le disais précédemment, j'ai toujours eu un regard ambivalent à l'égard de la wicca. La wicca traditionnelle est restée à l'état de brouillon, elle est bancale, les pratiques qui le compose sont insuffisantes pour assurer une vie spirituelle équilibrée. Les idées d'initiation et de secret laissent place à tous les fantasmes, au dogmatisme et à l'intégrisme. Dans ces conditions, pourquoi rester attaché à la wicca et à son évolution ? Selon Cecil Williamson, c'était la mode dans les groupes occultes des années 30, de créer sa tradition "néo-sorcière". Le groupe crotona fellowship, fréquenté à cette époque par Gerald Gardner, n'avait finalement rien de très original. Sauf que de toutes les traditions qui ont pris naissance à cette époque, une seule s'est véritablement développée, la wicca. Encore une fois, pourquoi ?

A mon avis, on retrouve dans la wicca quelque-chose de particulier, une volonté de stimuler l'imaginaire et de célébrer la nature, qui n'est pas forcement aussi présente dans d'autres courants néo-sorciers. Même si Gardner n'avait pas l'expérience nécessaire pour bâtir une tradition fonctionnelle, son coté visionnaire lui à donné la capacité d'insuffler à la wicca une flamme qu'on ne retrouve pas forcement ailleurs. En effet, avant même le dernier exode rural, il avait compris, peut être inconsciemment, que le mal de notre époque serait lié à notre détachement de la nature et à l'appauvrissement de notre imaginaire par le scientisme et la culture de masse. Il avait également compris que la guérison devait être au cœur de la sorcellerie. A son époque, la finalité des rituels d'esbats et des pratiques magiques de la wicca étaient principalement centrées sur la guérison. On ne se tourne pas vers la sorcellerie parce qu'on est différent des autres ou supérieur, on se tourne vers la sorcellerie lorsqu'on a des blessures que le monde moderne ne nous permet pas de guérir.

samedi, janvier 19 2008

La découverte du chemin

Pour commencer, voici un certain nombre de techniques sans prétentions, parfaites pour débuter. Ces techniques permettent de se familiariser avec quelques éléments essentiels avant de passer à la suite. Parmi elles, on retrouve un exercice pour apprendre à se centrer, un exercice pour se sensibiliser à l'énergie, un autre pour apprendre à voir autrement et enfin un chapitre avec tous les éléments de base à connaître pour développer sa vie onirique. Pour chacun de ses exercices, il est bon de s'entraîner tous le jours. D'une manière générale, dans la pratique spirituelle, il est préférable de faire des petites choses chaque jour, plutôt qu'un coup d'éclat une fois par mois et plus rien le reste du temps. Ce n'est pas comme cela que les choses fonctionnent. La démarche spirituelle demande une pratique régulière. Choisissez un exercice, consacrez lui 5 à 10 minutes par jour. Quand vous le maîtrisez, passez à un autre. En prenant cette habitude, vous aurez de bien meilleurs résultats.

Histoire de la wicca

Le mythe fondateur de la wicca est issu des théories de Johann Jakob Bachofen (1815-1887). Les théories de Bachofen reposent sur deux grands axes. L'idée de « grande déesse », et de l'importance du principe féminin dans les religions dites primitives. Et la notion de matriarcat. Concernant le premier point, les découvertes archéologiques modernes ont tendance à confirmer son hypothèse de la grande déesse. Par contre sa théorie sur le matriarcat dans le paganisme a été remise en cause, entre autre par l'historien Simon Pembroke dans les années 70, qui a démontré une absence de preuves.

Vient ensuite se greffer la théorie d'un personnage plus connu dans la wicca, Margaret Murray (1863-1963). Selon elle, les sabbats racontés pendant les procès de sorcellerie au moyen age décriraient la pratique d'une ancienne religion païenne ayant subsisté au christianisme. Tout cela serait le témoignage d'un culte organisé, de rassemblements , de rituels. Sa théorie est entièrement remise en cause aujourd'hui. On lui reproche d'avoir choisi ses sources en éloignant celles qui contredisaient sa thèse, et d'interpréter à sa manière celles qu'elle avait choisi d'utiliser. Elle a malgré tout ses partisans dans les milieux wiccan et néo-païen. Son idée était bonne, mais je pense qu'elle avait une vision trop terre à terre de la spiritualité. Elle a par exemple mis de coté les rapports parlant de transformation en animaux et de vol de nuit, parce que cela ne correspondait pas à son idée de cultes organisés. Elle n'avait pas compris que tout cela se passait dans l'autre monde.

Gerald Gardner est né en 1884, a passé la majeure partie de sa vie en Malaisie, puis est retourné en Angleterre lors de sa retraite, en 1936. Il rejoint en 1938 le groupe rosicrucien et co-maçon (la co-maçonnerie est une forme de franc-maçonnerie mixte), crotona fellowship. Ce groupe avait la volonté de créer des rituels de sorcellerie s'inspirant des écrits de Margaret Murray. Gardner prétend avoir été initié en 1939 par Old Dorothy, sorcière héréditaire, il avait alors 55 ans. Pourtant, quand on ordonne ses écrits, on n'a plutôt l'impression de voir le mythe et les rituels se développer petit en petit. Le première version du livre des ombres date de 1949 soit dix ans après cette prétendue initiation, avant il y avait le « ye bok of ye arte magickal » une ébauche du livre des ombres, très inspiré des clefs de Salomon. Tous les chercheurs sérieux qui ont étudié l'histoire de la wicca sont unanimes, Gardner a créé le wicca.

La façon de tracer le cercle ressemble beaucoup à celle utilisé dans la golden dawn, les associations éléments / directions / couleurs, façon de visualiser le cercle et des tracer les pentacles aux quartiers, le concept de gardien des tours de garde (issus de la magie énochienne et utilisés par la golden dawn). Gardner prétendait dans « witchcraft today », en 1954, que les personnes à l'origine de la wicca avaient sûrement les mêmes sources que ceux à l'origine de la Golden Dawn 70 ans plus tôt, d'où le mythe que le wicca aurait été créée au XIX° siècle. Ceci n'a bien entendu aucun sens, l'idée de la wicca reposants de façon évidente sur les écrits de Margaret Murray.

Non seulement Crowley, l'OTO, la Golden Dawn et les clefs de Salomon ont eu une importance capitale dans la constitution de la wicca, mais on retrouve également une forte influence maçonnique. Les trois degrés initiatiques, le concept d'Art, le « qu'il en soit ainsi » utilisé dans les rituels. Le rituel d'initiation de la wicca est calqué sur le rituel maçonnique, l'épreuve, l'idée d'être correctement préparé (même si cela prend un sens différent dans la wicca), le quintuple baiser inspiré des cinq points de compagnonnage, le contenu du serment, la présentation des outils. Le pentacle et le symbolisme qui lui est associé est issu de l'étoile flamboyante de la franc-maçonnerie (symbole du compagnon) elle même reprise aux gnostiques et qui à l'origine n'a rien d'un symbole sorcier. Dans « the meaning of witchcraft », en 1959, il livre certains détails de sa prétendue initiation :

J'ai réalisé que j'étais tombé sur quelque chose d'intéressant; mais j'étais à moitié initié avant que le mot, « wica » qu'ils avaient utilisé me touche comme un coup de foudre, et j'ai su ou j'étais, et que l'Ancienne Religion existait encore. Et alors je me suis retrouvé dans le Cercle, et j'ai accepté l'habituel serment du secret, qui m'interdit de révéler un certain nombre de choses.

Il parle de secret, pourtant, dans « high magic's aid », publié en 1949, il donne par exemple le rituel d'initiation dans sa totalité. Il a toujours eu une grosse envie de publicité. C'est même cette envie excessive de publicité qui a créé le fossé entre lui et Doreen Valiente arrivé dans le coven en 1953, et partie en 1957 après avoir écrit les rituels de sabbats mineurs qui n'existaient pas dans les premières versions du livre des ombres, et une grosse partie de la charge de la déesse, (les passages venant d'Aleister Crowley). Selon les mots de Gardner, rapportés par Doreen Valiente, il aurait complété les rituels trop fragmentaires venant de Old Dorothy.

De toute façon, Gardner connaissait la franc-maçonnerie, il ne se serait jamais extasié devant un rituel d'initiation calqué sur celui de cette tradition. Il est bien plus probable que son initiation dans une tradition héréditaire n'ait jamais eu lieu. D'autant que ces idées de sorcellerie héréditaire et d'ancienne religion reposent sur les écrits de Margaret Murray qui n'ont aucune valeur historique. Encore une fois, Gardner alimente son mythe de création.

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